Freakstock 2010 - Borgentreich - Allemagne (28 juillet - 1er aout)

publié par Aifix le 11 janvier 2011

Tout comme l’année dernière, le Freakstock 2010 a eu lieu à Borgentreich, dans la fameuse ancienne caserne militaire rachetée par une communauté Copte locale. En plus du classique cocktail liberté, spiritualité et pogo, les 3000 festivaliers ont donc pu retrouver la même organisation scénique (le gros de l’activité se concentrant toujours sur la Mainstage et le Turbinenhalle) que l’année dernière. Si ce n’est quelques légers changements...


… En effet, cette année, le punk et le hardcore s’offrent une deuxième scène. L’année dernière ils n’avaient le droit de cité qu’au Turbinenhalle mais cette année on retrouve aussi ce style au Knüppelkeller. Par ailleurs, l’Open Stage n’est pas sous une petite tente posée à même la pelouse mais dans une ancienne chapelle plus ou moins aménagée pour l’occasion. Un sacré plus pour les amateurs d’ambiance décalée et un poil glauque. Concrètement, à l’intérieur on retrouve une scène, assez haute, accessible uniquement par un escalier de fortune (!), des blocs de béton en guise de canapés et un bar. Propice à l’improvisation, cette scène a vu accueillir tout les styles de concerts, même de la louange.

FS2010-Chapelle

Jour 1 : jeudi

En parlant de louange, c’est Turbo Hatchet qui casse la baraque dès le jeudi matin sur la Mainstage. Le groupe a effectué des chants de louange des Jesus Freaks façon hardcore/metal, le tout agrémenté d’un synthétiseur. Côté chant ça alterne beaucoup entre clair et hurlé. Une jeunesse et une pêche communicative et tout ça nous donne un très bon début de festival.

Les choses deviennent plus sérieuses le soir au Knüppelkeller. Une première soirée placée sous le signe du punk avec quatre groupes à la suite pour représenter le style. Ça fesait longtemps qu’on avait pas vu ça au Freakstock et ça fait du bien ! C’est d’abord El Sabio qui ouvre le bal. Un nouveau groupe mélangeant un punk bien rural a des influences hardcore old school.

FS2010-ElSabio

Certains morceaux fonctionnent mieux que d’autres. En tête les trois reprises de vieux morceaux de No Innocent Victim (dont Open et l’introduction United By Christ). Reprendre ce groupe est visiblement toujours autant une valeur sure. Mais l’ambiance a tendance à vite redescendre du fait des lyrics très engagés et pas vraiment originaux. Au bout d’un moment ça s’essouffle un peu d’entendre toujours les mêmes choses. Le fait qu’il y ait deux chanteurs n’est pas non plus très bien exploité. Mais c’est jamais évident non plus de jouer a 18:30 !

On passe à la suite avec Front 77, un très jeune groupe plutôt dans la veine streetpunk chanté en allemand.

FS2010-Front77

Arriver à faire accrocher le public avec ce style n’est pas toujours chose aisée : il faut jouer rapidement, fort, avec rage, tout en trouvant comment se démarquer des autres groupes. Et ne nous voilons pas la face, Front 77 a encore quelques petits progrès a faire pour vraiment se démarquer du lot. En effet, vers la moitié du set le chanteur a vu arriver ses limites et a vraiment peiné à motiver le public. Paradoxalement, le guitariste, lorsqu’il fait les chœurs, avait une voix plus agressive. Le temps d’un titre ou il balance des « Oi ! Oi ! Oi ! » dans le refrain, et la sauce prenait vraiment.

FS2010-Front77

Pour ce qui est du discours on retrouve l’antifascisme mais également leur Foi. Mais la encore, il manque un petit quelque chose... De l’humour ? Du charisme ? Dommage, on sent qu’il y a du potentiel.

FS2010-Front77

Mais la vraie bonne surprise de la soirée viendra du troisième groupe : Praiser. Le nouveau combo né sur les cendres de Preacher. C’est une sacrée performance à laquelle nous avons pu assister car les musicos n’étaient que deux sur scène ! On retrouve donc une formation tout ce qu’il y a de plus basique : guitare + batterie. Les deux membres du groupe étant accompagné d’un micro chacun.

FS2010-Praiser

On aurait pu s’attendre a une ambiance molle et c’est pourtant tout le contraire qui va arriver : au fil des morceaux c’est un pogo d’enfer qui va retourner le Knüppelkeller. Certains trébuchent, d’autres perdent (déjà ! ) leur bracelet, mais tout cela se fait sans trop de bobos et dans la bonne humeur. Question puissance de son il n’y avait rien à redire. Ce groupe a vraiment de l’énergie à revendre. Coté setlist on aura droit à un mélange de vieux morceaux de Preacher et de nouvelles compos, étiquetées Praiser (même si musicalement on ne voit pas bien la différence). Du pur anarcho-punk qui speede donc. Mention spéciale pour le batteur qui non content d’assurer un jeu hors norme sur son instrument nous offrira une performance vocale bien pêchue. Le concert se termine sur une distribution gratuite de vieilles copies du premier album de Preacher. Quoi de mieux pour finir de conquérir le public ?

Fallobstrasser n’a quand à lui pas joué. Dommage, on se réjouissaient de voir le fameux groupe allemand, qui a réussi à percer dans la scène antifa. On souhaite de tout cœur les revoir sur la programmation 2011 et que cette fois ci le projet puisse aboutir.

Bien des choses se passèrent ensuite et il serait évidemment difficile de parler de chacun des concerts du festival. Cependant, et pour continuer dans la ligne musicale de la soirée, c’est avec un immense plaisir que l’on a pu assister à un set improvisé de reprises de oi ! à l’Open Stage. A la guitare on retrouvait un membre de Front 77 et derrière les futs le guitariste de El Sabio, qui se révèle être sacrément polyvalent. Un super moment, avec une ambiance terrible, bien que seul un petit comité se trouve présent dans la chapelle à ce moment la (c’est l’inconvénient majeur des concerts improvisés). Mais ça n’a pas empêché nos irréductibles de chanter, avec les musiciens, les reprises de Discipline, Cock Sparrer, Perkele ou encore Agnostic Front.

Juste après le set, et avant que l’ambiance ne se refroidisse, c’est le DJ Johnny Thunders Rotten Cash qui monte sur scène pour nous balancer un set au départ très oi ! avec entre autre un morceau des Jesus Skins (il fallait oser). Dans un second temps la programmation se concentre plus sur le skinhead reggae et le ska. Une approche différente mais complémentaire. De très bons morceaux également, bien qu’on ait surtout droit à des classiques.

Pendant ce temps la au Dorfdisko c’était le crew berlinois Everybody Get Nerd qui mixait. On entendra surtout des classiques de punk et de hardcore américain comme Gotta Gotta Go d’Agnostic Front mais également des groupes moins connus comme les Rapid Rascals. Niveau son c’est par contre à fond les ballons. Et c’est peut être pour cette raison que les festivaliers sont aussi enthousiastes.

Jour 2 : vendredi

Le vendredi soir au Knüppelkeller, c’est Woke Up In Hospital qui fit sévèrement monter la pression durant leur set programmé à 19:10.

FS2010-WUIH

Pourtant lorsque les musiciens montent sur scène on aurait plutôt tendance à croire qu’ils s’apprêtent à faire à allez à la plage : tongs, mini shorts, marcels... La surprise fut donc double quand une avalanche de décibels remplie la petite salle en sous sol. S’en est suivit un bon vieux mosh qui ne fut pas pour déplaire aux plus énervés d’entre nous.

FS2010-WUIH

Le seul soucis vient du fait qu’au bout d’un moment ce genre de groupe devient un peu lassant. La plupart des morceaux se ressemblent et on a l’impression qu’ils n’ont qu’un seul but : amenez d’immenses breaks. Rien de très original donc pour ce groupe de metalcore moderne (pensez à August Burns Red), mais une prestation qui remplie les codes du genre.

FS2010-WUIH

Dans un tout autre style, Bandana, le groupe de reprises de Johnny Cash, a complètement enflammé le Kulturverein de 23h à 1h du matin.

FS2010-Bandana

Habitué au festival, le groupe jouait pour la 3ème fois au Freakstock. Rien de bien nouveau donc pour ce groupe ultra rodé. Comme à son habitude, le groupe a balayé les différentes époques de l’œuvre de Cash, de ses premiers tubes chez Sun Records à ses derniers albums (American Recordings).

FS2010-Bandana

Comme d’habitude également, la bonne ambiance était la. Et c’est dans la joie et la bonne humeur que le public a pu frapper dans les mains et entonnez les refrains de ces titres si mythiques. My name is Sue, how do you do ?!

FS2010-Bandana

Jour 3 : samedi

Avant même d’avoir le temps de se remettre de nos émotions de la veille, c’est une douce mélodie qui parvient à nos oreilles alors que nous sommes au camping. Un groupe semble jouer, et il semblerait qu’il ne fasse pas dans la dentelle... Pourtant il est encore l’heure du déjeuner. Nous nous laissons guider par le son et nous nous retrouvons au bout d’un moment devant... Praiser effectuant une performance sur un camion !

FS2010-Praiser2

Le groupe a en effet eu l’idée assez originale de faire un set itinérant sur un camion, les amplis branchés a un groupe électrogène. On regrettera juste que l’idée n’ait pas été poussée plus loin et que le camion ne soit pas passé dans les rues de la paisible bourgade de Borgentreich. Sinon les choix des morceaux fut sensiblement le même que celui du premier concert, si ce n’est peut être un peu plus de morceaux de louange pure et dure.

Samedi devait être le jour des rattrapages puisque Woke Up In Hospital a lui aussi effectué un second set. Ça s’est déroulé à l’Open Stage en fin d’après midi.

FS2010-WUIH2

Musicalement parlant, c’était vraiment pareil que la veille. La seule différence résidant peut être dans l’ambiance. Le fait que la foule était moins nombreuse ce qui a permit au moshers de s’en donner à cœur joie. Un concert un peu plus bourrin que la veille donc. Les musicos donnaient aussi l’impression de plus se lâcher. Comme quand le bassiste pose son instrument pour venir danser dans le pit ou alors quand le batteur frappe suffisamment fort pour envoyer sa baguette au niveau de la moitié de la salle.

Mais le concert qui marquera les esprit n’était pas encore venu. Vers 18:30, la foule se presse au Knüppelkeller pour le show de The Hope of a Blind Man. Le programme nous annonçait du hardcore brutal et sombre mais précisait également de « ne pas frappez (accidentellement !) quelqu’un dans la tête ». En dehors du coté humoristique de la phrase, le conseil n’était pas forcément exagéré car c’est littéralement une ambiance glauque et chaotique que le groupe a su mettre.

FS2010-THOABM

L’un après l’autre, chaque morceau, souvent constitué de riffs très sombres, a contribué à rendre cette ambiance si particulière. On saluera la performance de la chanteuse, très charismatique. On retiendra autant son jeu de scène que sa voix. On sent vraiment qu’elle est passionnée et qu’elle a quelque chose à transmettre. Le pit, assez nerveux, a également participé à donner cette ambiance si particulière. Dans le genre hardcore, c’était assurément un des meilleurs concerts du festival.

FS2010-THOABM

Pas le temps de voir Sheperd, puisqu’un autre groupe se prépare déjà à jouer au Turbinenhalle...

Arrive le moment du passage de nos représentants francophones, j’ai nommé The Stand. Inutile de présenter plus longtemps ce groupe de hardcore helvétique. Les lecteurs du site en auront sans doute déjà entendu parler. Bien sur, ce n’est pas pour autant que l’idée de voir le groupe dans le cadre d’un gros festival ne nous réjouissait pas. Bien au contraire. D’autant plus, que plusieurs endroits du site avaient été placardés d’affiches annonçant ce concert. Pour l’anecdote, en plus du nom du groupe on pouvait voir sur le papier un portrait de Dark Vador avec l’inscription « viens voir papa ».Toujours est-il que le concert semblait attendu pour le premier passage du groupe au Freakstock. Et pour rester dans l’esprit de leur affiche les membres du groupes prennent place sur scène au son du thème de Dark Vador. Très classe. Juste avant d’entonner leur habituel This Is Hardcore. S’en est suivit plusieurs morceaux de leur EP bien sur, mais également des compos plus récentes.

FS2010-STAND

On retiendra de ce show tout d’abord un super son. Ensuite, c’est le jeu de scène qui a marqué. La scène du Turbinenhalle, bien qu’assez grande, n’a pas du tout été un obstacle pour nos cinq musiciens. Le seul petit bémole aurait peut être été qu’il y eut un poil trop de parlotte entre les morceaux. Mais le public ne semble pas ne pas avoir appréciée pour autant puisqu’il a réagit très positivement, notamment sur la reprise de Comeback Kid. Mission accomplie !

FS2010-STAND

Le Dorfdisko a l’habitude d’être pris d’assaut par les danseurs lors du dernier soir du Freakstock. Et cette année l’a confirmée. Tout d’abord lors du passage de Johny Thunders Rotten Cash derrière les platines, entre 22h et 23h. Mais contrairement à son set du premier soir à l’Open Stage, celui ci était plutôt centré sur des classiques de punk allemand. Ce qui ne manqua pas de laisser plusieurs francophones de marbre. Mais la suite fut bien plus excitante avec l’arrivée d’HospitalKayser. Les deux DJ nous on servit une programmation à l’ancienne qui a fait remuer plus d’une personne présente dans la salle a ce moment la. Bien que la sélection générale (qui en tout a duré 3h) était assez inégale, la première partie était très efficace avec notamment de la northern soul triée sur le volet. S’en est suivit un mix de pop, rockabilly, garage, et autres joyeusetés. Évidemment les moments clés furent le passage de classiques issus des discographies de The Who et The Kinks notamment.

En conclusion, on pourrait dire que ce Freakstock n’aura pas été celui des têtes d’affiches (The Crucified avait été déprogrammé quelques temps avant le festival) mais plutôt celui des découvertes. Ce qui est aussi assez excitant. Notamment pour les jeunes groupes dont on leur souhaite d’aller très loin. Mais plus qu’une programmation alléchante sur le papier, ce qui fait toujours mouche avec le Freakstock c’est sa bonne ambiance, cette impression de communion entre les festivaliers, malgré la diversités des branches musicales représentées.

A l’année prochaine !


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