Zao - The Funeral of God (2004)

publié par Fabien le 14 novembre 2005

Une bombe. Voilà qui devrait suffire pour décrire le dernier opus du combo multiforme qu’est zao. Le groupe a fait un sacré bout de chemin, c’est un euphémisme, depuis ses débuts en 1995. Un concept album au message qui se développe lentement au fil des titres pour éclater dans un final époustouflant.


Zao - the funeral of God Le concept est simple, et il est basé sur une idée d’un certain D. Bosche (toute information a son sujet sera la bienvenue..) qui est la suivante : "Many times in life we only realize the importance of something once we have experienced its loss. And so think ahead of this possible loss helps us to truly appreciate the simplicity of someone being there. This help us to know that the time we are given is not being taken for granted." (Traduction : Souvent, on se rend compte de l’importance de quelque chose lorsque l’on expérimente sa perte. Dès lors, réfléchir à sa possible perte nous permet d’apprécier d’avoir simplement quelqu’un à nos côtés. Cela nous aide à comprendre que le temps qui nous est donné ici-bas n’est pas a considérer comme acquis).
Ici, le quelqu’un, comme le titre du cd le laisse imaginer, c’est Dieu, et l’ambiance du cd sera sombre, voire franchement glauque. On assiste en effet à la désagrégation d’un monde, dénué de toute sa substance, et de son moteur. Ce n’est pas à proprement parler à la mort de Dieu que l’on assiste, mais simplement à son retrait ("Je me couche pour dormir éternellement. Je ne me cache pas de honte, je ne plie pas devant ta lame, c’est ce pour quoi ton coeur noir prie" The Last Song from Zion).
Commençant avec des prophéties, le cd se poursuit sur les funérailles ("C’est le jour que vous attendiez, Il a répondu a vos prières" The Funeral of God), et tout le reste du cd, on assiste à une lente chute vers le néant, même pas vers l’enfer, qui sous-entendrait l’existence d’un paradis, non, juste vers le néant. Le ciel s’assombrit, la nostalgie s’installe, alors que la bête prend le contrôle de la Terre. Puis, sur les 3 derniers morceaux, l’ambiance se calme, présentant une image sonore de la désintégration du monde et du néant, ce qui n’est pas une mince affaire.

D’un point de vue musical, certains ont regretté l’apparition de voix claires et de lignes mélodiques perçues comme commerciales, alors que zao est réputé pour sa sonorité très agressive, voix grognées et guitares tranchantes. Effectivement, cela peu surprendre, mais il faut quand même savoir que seuls deux musiciens (Weyandt au chant et Meilinger à la guitare) sont restés depuis le précédent opus, et aucun n’est rescapé du line-up original. De plus, le concept même de l’abum obligeait le groupe à chercher de nouvelles sonorités. Et le moins que l’on puisse dire, et que la réussite est flagrante ! Un son ultra-puissant, grâce à une production léchée, mais pas éxagérée, des lignes mélodiques qui ajoutent à la puissance du son bien plus qu’elles n’adoucissent le tout, et un message qui est proprement le plus limpide que j’aie vu dans une production hardcore, pour qui se penchera sur les textes dans leur ensemble.

Le tout se déroule comme un film, avec une progression flagrante, qui se termine en apothéose avec les 2 morceaux I lay sleepless in my grave (instrumental au titre évocateur, puisque si Dieu n’est plus la, il n’y a même pas de mort) et Psalm of the city of the dead, tryptique de huit minutes, d’une puissance assez impressionnante. Débutant par un passage instrumental calme, mais passablement lourd, ou Weyandt fait preuve de talents vocaux insoupçonnés , il se poursuit par un passage sans distortion et avec une voix féminine qui répète une simple phrase, appel désespéré a Dieu ("Ces rues ne sont pas pavées d’or, Tu es tout pour moi, mon coeur devient froid") et qui se conclut sur un passage ou les guitares sont rejointes par du piano et des cordes.

Un dernier mot enfin sur l’artwork, réalisé, oh surprise, par nos deux compères d’Asterik studio, qui nous présentent une réussite à la hauteur de l’album, tout en cimetière et en statues en état de dégradation avancé. La touche Asterik est bien là, on percevra quelque gimmicks récurrents chez les frangins Clark, mais le tout adapté au message général de l’album, et avec une finition parfaite et très sobre. Je regrette juste, mais je pinaille, que les textes soient vraiment écrits trop petit.

En bref, un must pour tout les fans de metal-hardcore lourd mais intelligent, qui, malgré son ton très noir, est rempli d’espoir et montre de manière très efficace l’importance que Dieu a ici-bas, et que finalement, il est impossible de se passer de lui. Chapeau bas, messieurs !


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