The Violet Burning - Kiff d’Aarau, le 5 août 2010 (Interview réalisée par Mik Clottu pour le compte de Radio Réveil.)

publié par Frère Cardoche le 16 février 2012

Mik a rencontré Michael Pritzl, le leader de The Violet Burning en marge d’un concert du groupe US à Aarau, en août 2010. Vous pouvez la retrouver ici.


Michael, peux-tu te présenter en deux mots ?

Mon nom est Michael Pritzl, comme tu le sais déjà, et je fais de la musique avec un groupe appelé « The Violet Burning » depuis pas mal de temps déjà...

20 ans, juste ?

Oui ! Je joue de la guitare, du piano, j’écris des chansons, je chante. J’aime l’art et la musique, c’est tout.

Pourquoi ce nom « The Violet Burning », est-ce que ça a une signification particulière ?

Non... Tu as besoin d’avoir un nom... Alors il fallait bien en choisir un. Et puis, si tu rencontre un peu de succès, tu gardes ce nom et essaye de construire avec.

Maintenant, la question à un million de dollars : Pourquoi est-ce que tu fais de la musique ?

Je crois que déjà petit garçon, j’écoutais de la musique et m’y syntonisais, comme une antenne de radio. Je rejouais ce que j’entendais, je chantais, et la musique fait partie de l’expression de mon identité d’homme, de personne, d’humain, de quelqu’un qui est en recherche, quelqu’un qui espère, qui aspire à plus, qui est aussi parfois fragile, qui doute... Un moyen d’exprimer tout ce par quoi je passe... Et la musique est pour moi une réelle connexion avec... Dieu.

Il y a deux temps particuliers où je sens vraiment la présence de Dieu. Le premier est quand je prie avant de manger... Je ne sais pas pour quelle raison, mais quand je prends le temps de remercier Dieu pour les provisions que j’ai, alors je sens sa présence. Et aussi quand j’empoigne ma guitare et que je joue, ou alors quand je me mets au piano et joue quelque chose dans ma chambre seul, ou avec le groupe, là je sens Sa présence.

Mais si on s’assoit pour prier, des fois je sens rien du tout, tu vois ? Alors pour moi il y a vraiment une connexion (entre la musique et Dieu).

Ok. Mais tu ne fais pas de musique parce que tu « dois » le faire ? C’est la réponse qu’un artiste avait donné quand on lui avait posé la question : c’était plus fort que lui, il devait faire de la musique...

Mmmhhh... Je dirais – peut-être pas aussi théâtralement ou dramatiquement que ça – mais c’est vrai que j’ai besoin d’exprimer ce que je ressens... Ça jaillit de moi et c’est quelque chose que je ne peux pas éteindre (comme un robinet). Parfois je fais des rêves où j’écoute des groupes jouer, et je me dis « ouah, c’est de la bonne musique » ! Je me réveille et je me dis « hey, voilà un morceau (à composer) ». Parce que ce ne sont jamais des morceaux connus comme « Where The Streets Have No Name » de U2, que tout le monde connaît. Alors je me réveille et je prends mon enregistreur, j’y chante la mélodie pour ne pas l’oublier... Il est juste à côté de mon lit.

C’est de la radio alors je ne peux pas le montrer, mais depuis que j’ai acquis cet appareil digital (il montre son iPhone) j’enregistre ces idées, je les parcours, les retravaille (Il montre un dossier avec des centaines de fragments sonores)... Regarde tout ça !

Oh cool.

Oui, j’ai tout accumulé depuis 2008. J’écris de la musique presque tous les jours, je l’enregistre, et quand je prépare un nouvel album, je réécoute tout ça, trie toutes ces idées, et parfois je me dis « oh ah, c’est terrible » ou alors « oh, il y a quelque chose à en tirer, ça peut donner quelque chose ». Alors je prends ceux qui me paraissent le plus « solides », et je les travaille jusqu’à ce que je les considère finis.

Quelles sont tes influences principales ? Tu as écrit que The Cure ou les Smashing Pumpkins ou U2 t’influencent musicalement ?

Well, j’aime la musique en général. Que j’écoute une chanson de Steve Earle, de Nick Cave... Tu sais il y a des gens qui sont très doués avec les mots, comme Nick Cave, qui écrit des paroles incroyables, ou Robert Smith, ou quelqu’un comme Leonard Cohen qui a plus de 70 ans actuellement, et est TRÈS doué avec les mots... Ça peut beaucoup m’inspirer, parce que je ne veux pas qu’écrire de la bonne musique, mais aussi des bonnes paroles, et c’est la chose avec laquelle j’ai le plus de problèmes, mais que ça soit avec la musique ou les mots, j’essaye de sans cesse me réinventer. Alors je me force, comme quand j’ai fait « The Gravity Show », de tout écrire au piano, alors que d’habitude je compose à la guitare... Et le nouvel album de The Violet Burning sur lequel nous travaillons actuellement, est en fait 3 albums en un. C’est environs 30 morceaux, c’est un travail de Titan. Et près de la moitié des morceaux sont du rock très lourd, pas au niveau des voix, mais au niveau des riffs. Tandis que certains autres morceaux sont très très calmes et magnifiques, alors on surfe entre les extrêmes. Mais pour atteindre ces extrêmes, je dois me forcer à faire des essais, à faire des choses que je n’avais pas faites ou essayées jusque-là. Je me force à faire des choses nouvelles.
En opposition à – par exemple – « Gorgeous », que les fans aiment, qui est souvent leur chanson préférée (n.d.l.r : de leur répertoire) avec « Low », je ne veux pas réécrire ces chants, même si je le peux, mais l’artiste en moi veut expérimenter, essayer de faire des choses nouvelles. Et si je me plante ? C’est pas grave, mais au moins j’aurai essayé.

Tu parles de « Gorgeous » ou « Low », quelle est la chanson de ton répertoire que tu préfères ? Une chanson que tu ne seras jamais lassé de chanter sur scène ?

Tu sais, je suis quelqu’un qui « entend » la musique, comme Bob Dylan ou Neil Young qui ont dit qu’ils avaient l’impression d’être comme une antenne de radio, qui « recevait » de la musique et la jouait ensuite... La musique, même scientifiquement on ne peut pas la démontrer, on ne peut pas la toucher, elle n’a rien de physique, pourtant on peut l’entendre, et elle peut pénétrer nos cœurs, nos âmes, nos humeurs, et elle a le pouvoir de les faire changer... C’est vraiment un cadeau spécial. Je ne me considère pas meilleur que n’importe qui d’autre, mais parfois j’entends (dans ma tête) des choses et je les laisse sortir... J’ai du mal à choisir un chant comme « Gorgeous » ou « Low » et te dire que c’est mon préféré, ou alors « Rock Is Dead » ou « St Patrick » de notre album à venir... Je les aime vraiment et pense « ouah, ces morceaux sont vraiment bien », mais je ne peux pas désigner de favori.

Je comprends ça. Aucun problème... Tu appartiens à ces artistes que j’appelle les « vrais rockers », ceux qui jouent vraiment avec leur cœur et leur âme. Ta musique est très très intense, et parfois j’ai l’impression que tu te « déshabilles » devant ton public, comme si tu dévoilais ton âme aux auditeurs, et ça crée une réelle connexion entre vous. J’ai l’impression que tu joues pour les cœurs brisés... J’ai tort ?

Mmmh... Jésus a dit quelque chose d’intéressant : Il a dit « celui qui tombera sur cette pierre (n.d.l.r : Jésus) en sera brisé ; mais elle écrasera celui sur qui elle tombera. » (Mt 21 ;44). Et dans ma vie, je réalise qu’en tant qu’humain, je suis vraiment fragile, que j’ai des défis, comme chacun d’entre nous que ça soit au travail, à l’école, dans notre famille, notre cercle d’amis, et on doit tous traverser ce genre de choses, mais je me suis rendu compte qu’avec ma relation avec Dieu, je suis rendu humble par qui Il est... Hier soir, on a joué « Maker Of The Stars », qui est simplement un extrait du Psaume 8, où le psalmiste dit : « Quand je considère le ciel, œuvre de tes doigts, la lune et les étoiles que Tu as mis en place... ». On voit cette beauté de partout, même depuis le plus mauvais panorama, même dans un petit village comme celui-ci, perdu dans la campagne... C’est vraiment magnifique ce que Dieu a créé. Et quand on voit qu’Il fait tout ça et qu’il a TOUT sous contrôle, qu’Il est le créateur de tout ce qui est visible, tout ce qui est invisible, qu’Il m’aime, qu’Il t’aime et qu’Il aime chacun de nous, tous ceux qui écoutent maintenant, Il a le même amour pour tous. Il connaît nos soucis, nos souffrances, nos espoirs... Et c’est là que je me sens humble... Je me dit « Ouah, Seigneur, qui suis-je ? Je ne suis certainement rien, comparé à toi » et là je veux lui « rendre gloire » pour tout ce qu’Il a créé et tout ce qu’Il a fait.

Et dans ma musique, d’un point de vue des textes, j’essaye d’être... vulnérable... oui, c’est le mot que je choisirais. Tu peux tout écrire. Certains de mes textes sont de la fiction, d’autres pas. Parfois c’est vrai, et parfois c’est juste une histoire. On a besoin d’histoires à suivre...
On peut avoir un ami qui traverse une situation particulière, et on essaye de se mettre à sa place pour raconter l’histoire... Ou parfois on connaît un étranger, mais qui est dans cette situation qu’on décrit. Si on prend par exemple quelqu’un comme Robert Smith et ses textes ; il ne peut certainement pas parler de lui-même dans toutes ces chansons sur le thème des cœurs brisés, mais il y a une partie de lui qui s’identifie à des gens, et il est capable de s’y projeter, même si c’est un endroit « virtuel », une histoire fabriquée de toutes pièces, mais cette histoire peut résonner en nous parce qu’elle contient des éléments de vérité... Tu vois où je veux en venir ?

Oui, je crois. Tes histoires à toi parlent beaucoup d’amour, et j’ai l’impression que tu as vécu les deux revers de la médaille de l’amour : un « amour humain » qui peut blesser, détruire et tromper, des histoires d’amour qui brisent le cœur, mais de l’autre côté, tu parles aussi de cet Amour qui fait du bien, qui guérit, qui réconforte... Tu peux nous parler un peu de ton « amoureux » ?

Euh... Je rappelle que parfois c’est de la fiction, parfois pas, mais chacun de nous a vécu l’amour et la perte. On a des espoirs et parfois ces espoirs sont brisés... Le vrai défi dans la vie, c’est que, quand nous passons par une perte ou un combat, sommes-nous capables de nous relever et de nous remettre en marche et de poursuivre sur le chemin de la vie... Je ne sais pas si je peux parler « d’amoureux », mais je peux dire que j’ai eu ma dose de cœur brisé, et que j’en ai également brisés, et ni l’un ni l’autre n’est bien (il rit). On sait tous ça. Mais d’un autre côté on a aussi accès à cet amour de Dieu : dans la Bible, c’est écrit que c’est amour est patient, bon, persévérant. Et pour moi c’est intéressant de lire 1 Corinthiens 13 et d’y mettre mon nom. Et si je dis « Michael est patient, Michael est gentil, Michael est persév... » je me dit « Oulah ! Y a un problème ». Mais si je réalise que Dieu est amour, que Dieu est patient, que Dieu est gentil, que Dieu est persévérant, alors on trouve une image de qui Il est, et de qui nous ne sommes pas... Et c’est ok, parce qu’on peut mettre nos espoirs en qui Il est... On sait qu’il est patient et qu’il veut nous aider à changer, mais que les changements n’arrivent pas du jour au lendemain – parfois peut-être – mais d’habitude, tu sais si je veux devenir un athlète, je ne vais pas m’entraîner qu’une seule fois et le lendemain j’aurai la forme physique nécessaire. Il faut s’entraîner régulièrement, et petit à petit on verra des changements physiques. C’est comme ça avec notre corps et aussi avec notre esprit : Si je prie et lis dans la Bible, et que je le fais régulièrement, alors je commence à découvrir que ça fructifie spirituellement, et que l’amour, la joie, la paix, la maîtrise de soi et toutes ces choses dont on manque commencent à grandir... Quand on continue à chercher dans la parole de Dieu, à chercher dans la prière, à passer du temps dans Sa présence, avoir une relation avec Lui, comme toi et moi qui parlons à la radio ou comme le temps qu’on a passé ensemble cette nuit. Ce genre de choses nous aide à grandir, à changer et nous aide à avancer dans la vie en s’aidant mutuellement...

C’est vrai ! Par « amoureux » en fait, je voulais parler de Jésus, comme tu l’as décrit dans « Halo » : « affamé et brisé, les épaules déchirées, douloureux comme Judas qui trompe son amoureux »... Personnellement, j’ai fait l’expérience que Jésus est le seul qui ne trompe jamais, qui ne déçoit jamais...

Oui, oui, il est fidèle... C’est intéressant. Je veux dire : je viens de décrire ce chapitre de 1 Corinthiens 13... Oh, il y a plein de choses qui me viennent en tête alors que les cloches de l’église se mettent à sonner derrière nous... Peut-être que tu devrais passer à ta question suivante...

Je me rappelle t’avoir entendu plusieurs fois dire depuis la scène combien tu étais reconnaissant pour chaque personne qui t’acceptait tel que tu es. Tu parles de ça dans le morceau « As I Am ». Est-ce que ça n’a pas toujours été le cas ?

Non, mais qui de nous n’a jamais vécu le rejet ? On grandit, et que ce soit à l’école, au lycée, à l’université, pendant qu’on cherche notre chemin, il y a soit des amis, soit des parents qui... Tu sais, quand j’étais môme, mes parents disaient : « Pourquoi écoutes-tu cette musique punk rock ? Ne fais pas ça ! » Mais j’étais juste un ado essayant de trouver sa place, son identité. Et c’est le truc avec Jésus : il nous accepte tels que nous sommes. Il nous connaît. J’aime le fait qu’il nous connaisse en ce moment-même, ici, et de nouveau en ce moment-même, et cætera... Et il était là avec nous, il y a quelques secondes, et il est là avec nous maintenant. Il reste le même, hier, et aujourd’hui, et la semaine prochaine. Et tel qu’il était l’année passée ou il y a plusieurs siècles... ou dans plusieurs siècles.

En Amérique, il y a toujours des cortèges le Jour de l’An, et des matches de football américain. Et à Los Angeles j’allais à la Rose Parade – c’est comme ça qu’on l’appelle – et quand tu regardes le défilé, assis par terre, tu vois les chevaux passer, puis les clowns, puis ce charmant flotteur ou un truc comme ça, et parfois nos vies sont comme cette parade : voilà un temps difficile, puis un espoir... C’est comme un défilé dans la vie de tous les jours. Et, puisque Dieu existe en dehors du temps... Si tu regardes le cortège à la télévision, parfois ils te le montreront en plongée, depuis un hélicoptère, et avec cette vue aérienne, tu peux voir le commencement de la parade, la fin de la parade, et aussi ce qui se passe au milieu, tu peux voir les chevaux, les clowns et tout d’un seul coup. Et c’est comme ça que Dieu nous voit ; il voit toutes nos vies... Il nous voit ici maintenant, et il nous voit l’année passée quand on s’est vus au Freakstock, et il nous voit l’année prochaine quand on se reverra quelque part. Il nous voit dans tous ces moments, avec toutes les préoccupations du moment en question, et Il veut juste être avec nous. C’est fascinant, parce que parfois on se dit que Dieu est comme un humain, mais il n’est pas un homme... Il est Dieu. Il a FAIT l’Homme, et Il a fait l’Homme à Son image... Et la chose la plus précieuse que l’Homme ait reçu de Lui : le libre choix. Pour qu’on puisse dire : « Je vais prendre le petit déjeuner avec Mike ! » on décide de prendre le petit déjeuner ensemble parce qu’on l’a décidé. « JE vais faire ça, JE vais aller à Vienne, par exemple ». Je peux choisir de faire ça ou alors de décider de rester au lit et dormir toute la journée. Quoi que ce soit, nous avons cette chose puissante appelée « libre arbitre ». On peut choisir...

Et Dieu fait en sorte que nous puissions Le choisir. Choisir son amour, qui est là pour nous. Ou nous pouvons décider de ne pas le vouloir, ne pas vouloir son amour ni son pardon. On est libre d’être malheureux si on le veut. Nous devons assumer les conséquences de nos choix. Je peux décider de me saouler jusqu’à m’évanouir, mais le lendemain matin, j’aurai les résultats de ce choix, et je devrai faire avec. Ou alors assumer les choix que j’aurai fait EN ÉTANT ivre, tu vois ? Chaque choix que nous faisons a des résultats. C’est comme si sur chaque choix il y avait une étiquette de prix. Il y a toujours comme un prix à chacune de nos décisions. Et ça peut être un bon prix, ou un prix très lourd. Mais quoi qu’il en soit j’aime le fait que Dieu ne nous force jamais la main. Il nous laisse le choix. Je peux choisir de le suivre ou de ne pas le suivre, librement. Je peux choisir de recevoir sa grâce et sa merci ou je peux choisir de les rejeter.

Mais tout comme avec le choix de se saouler à mort, c’est dur. Je ne me sens pas bien le jour d’après, et je me sens vide. Mais au contraire, si je choisis le pardon et la grâce que Dieu m’offre, soudainement la paix débarque dans ma vie. Et même si des obstacles ont l’air de se dresser sur ma route, j’ai toujours cette paix, et ça c’est plutôt génial !

Tout à fait ! Comment tu as fait connaissance de ce Dieu ? Tu parles du choix de le suivre ou non, comment es-tu arrivé à faire ce choix ?

Quand j’étais ado, je suis arrivé à un moment – mais pas seulement alors, plutôt à travers toute ma vie : c’est un choix à faire tous les jours de le suivre et de vivre une relation avec Lui, et chacun de nous a à faire ce choix tous les jours et pas seulement une fois.

Initialement, j’ai été élevé catholique, j’allais à la messe le dimanche, mais Dieu avait l’air d’être très loin, très éloigné, et pas proche du tout. Et un jour, je suis allé dans une petite chapelle, ils avaient des prie-Dieu, ces choses sur lesquelles on s’agenouille pour prier dans les églises catholiques, et j’ai prié. J’ai dit à Dieu : « Si tu existes vraiment, alors prouve-le moi ! Parce que si tu es vraiment vivant, alors tu peux me le montrer ; je suis seulement un adolescent... ok ? Mais si tu existes, alors prouve-le moi, et pardonne mes erreurs, viens dans mon cœur. Je savais que j’étais un pécheur – je le suis toujours, et j’ai toujours besoin de pardon- et quand j’ai prié ça, que Dieu se révèle à moi, qu’il me pardonne et vienne vivre en moi, à cet instant-même, quelque chose a changé...

C’est comme si j’étais entièrement neuf, comme né une nouvelle fois parce que je sentais vraiment que quelque chose de nouveau vivait, comme si Dieu s’était réveillé en moi. Je sentais que mon cœur était rempli de Dieu. Ça a été un moment très décisif pour moi, en tant que gamin de 16 ans, un punk, et à travers toutes les épreuves des années, depuis lors, j’ai affronté la solitude, le rejet, l’amour déçu, ou les conséquences de mes mauvais choix, mais j’ai découvert qu’indépendamment de ce que j’avais fait, par où j’étais passé, ou de ce qu’on m’avait fait subir, Dieu m’aimait de la même manière, et je pouvais me tourner vers Lui en tout temps et recevoir Son amour. Comme une nouvelle journée. Et une chose que j’ai souvent racontée autour de moi ces derniers temps, c’est que Dieu aime la nouveauté. Il aime faire des nouvelles choses, Il aime les nouveaux jours...

La Bible dit que sa grâce se renouvelle chaque jour. Alors fi de ce que tu as fait la nuit précédente, ou la semaine précédente ; chaque jour tu as une nouvelle chance. Et exactement comme la parade du Nouvel-An dont je te parlais avant... Beaucoup de gens prennent des résolutions pour Nouvel-An, du genre « cette année j’arrête de fumer », « cette année je ferai telle ou telle chose »... Ils utilisent ce libre choix dont on parlait avant et utilisent le 1er janvier comme marque de départ. Mais Dieu dit : « Hey, chaque jour est nouveau, chaque jour, un nouveau lever de soleil, et un nouveau coucher de soleil, une nouvelle lune »... Il y a toujours ces nouveautés, ces renouveaux. Je crois que Dieu aime le neuf, qu’il aime les recommencements, et que c’est ok, on peut recommencer, et recommencer. Dieu n’est pas comme je pense que je serais – Heureusement que je ne suis pas Dieu, parce que ça finirait très mal... Si quelqu’un arrive en retard au boulot, une fois, deux fois, trois fois, toujours, je finirais par le virer. Je ne serais pas si patient ; je chercherais quelqu’un qui soit là chaque matin à 9 heures précises. Mais Dieu est capable de nous donner de nouvelles chances chaque jour, de chaque jour nous donner une vie nouvelle, et Il dit : « Si on naît de nouveau, on est une nouvelle créature, on naît d’esprit, il y a cette chose nouvelle »...

... La première question qui est posée dans la Bible, c’est quoi ? Peux-tu penser à ça ? Pense à la toute première question posée dans la Bible...
C’est Satan qui demande « Est-ce que Dieu a vraiment dit ça ? ». Il utilise la même technique aujourd’hui... Il y a certaines églises aux USA, celles qui sont dans ce mouvement « Emerging Church », et ils disent « Est-ce que Dieu a vraiment dit ça comme ça ? La Bible dit-elle vraiment ça ? ». C’est marrant, parce que la seule autre personne que je connais qui dit ça, c’est Satan. Et il utilise la même technique lorsqu’il tente Jésus, dans le désert. « Dieu a-t-il vraiment dit ça ? ». C’est intéressant. Et de l’autre côté, tu as Dieu, et quelle est la toute première question que Dieu pose dans la Bible ? Il demande : « Adam, où es-tu ? » Il vient à la recherche de l’Homme, c’est Dieu qui s’approche au niveau de l’Homme. « Adam, où es-tu ? ». Pas avec une grosse voix (« Adam, t’es où bordel ? T’as foutu quoi ? ») en le menaçant du doigt, mais il s’abaisse au niveau d’Adam et lui demande « Adam, où es-tu ? ».

Et dans le Nouveau Testament, il y a aussi une toute première question... Ce sont les mages qui arrivent et cherchent le roi nouveau-né. Ils sont à la recherche du petit Jésus et ils demandent : « Où est-il ? Où est le roi des Juifs ? ». Et parfois dans nos vies, nous pouvons avoir la même question, recherchant Dieu, lui demandant « Où es-tu Seigneur, où es-tu Dieu ? », et on sait que Lui nous pose la même question : « Hey Mike, où es-tu ? », « ton nom où es-tu ? ». C’est cool, la Bible est pleine de choses du genre. La Bible, c’est « d’la bonne ».

Oui, d’la bonne ! Avant tu as dit « Heureusement que je ne suis pas Dieu »... Mais si tu étais Dieu...

... Ça serait un désastre ! (il se marre)

Peut-être, mais y a-t-il quelque chose de la Création que tu n’aurais pas créé ?

... Euh... Non... Pourquoi...

... Un truc comme les guêpes par exemple ?

J’adore les abeilles ! Pour moi, elles sont un symbole de Dieu dans la vie. Et c’est intéressant de constater que ces 3-4 dernières années, nous (the Violet Burning) avons très clairement reçu la vision d’être... d’être comme des abeilles. Parce que les abeilles sont « elles-mêmes », et en étant ce qu’elles sont, elles apportent la vie à la nature autour d’elles. Elles collectent du pollen et le trimballent d’une fleur à l’autre, d’un arbre à l’autre, et ça produit la vie, et c’est ce que nous sommes supposés être ! Si je suis simplement comme Dieu m’a créé, alors que je sois au travail, à l’école, avec mes parents, avec mes amis, et si je suis simplement comme Dieu m’a créé, ça leur transmet de la vie, et réciproquement.

C’est comme toi et moi à chaque fois qu’on se voit, qu’on rie ensemble ou qu’on soit sérieux comme maintenant, ça m’encourage. Tu me transmets de la vie, ça m’encourage. C’est pour ça que les abeilles sont un symbole pour notre groupe... Qu’on soit en train de manger ensemble, ou... Tu vois, la femme qui est venue nous écouter hier et qu’on a rencontrée dans la rue ce matin ? Elle n’est pas chrétienne, elle a été complètement séparée de sa famille, de son mari, depuis plus de 30 ans... Et la voilà qui débarque à notre concert hier soir, qui nous reconnaît dans la rue ce matin et nous propose de l’aide, et la voilà qui mange avec nous tous maintenant, tu vois ? Et c’est marrant parce que la première chose qui s’est passée c’est qu’une abeille est venue lui tourner autour de la tête... Alors je me suis mis à prier : « Seigneur, qu’est-ce que tu veux faire avec cette femme ? »

Aucune idée, mais maintenant elle fait votre connaissance à vous tous, peut-être qu’une relation est en train de s’installer... Après, à elle de choisir. Elle a un libre choix, et c’est à elle de choisir... C’est intéressant, on ne sait jamais ce que Dieu va faire...

Mais en fait c’était entre toi et moi, faudrait pas que des autres entendent... (il rit)

Ok, je couperai ça... Est-ce que c’est à cause de ces histoires d’abeilles que tu te laisses pousser les cheveux ? Bientôt vous porterez tous des habits moulants noir et jaunes (comme Stryper) sur scène ?

Yeah, certainement dans l’avenir... Mais en fait, je me laisse pousser les cheveux à cause d’une raison un peu comparable à la grève de la faim des Irlandais quand on était gamins ; ils faisaient la grève de la faim parce qu’ils voulaient quelque chose. Alors c’est un peu ma grève de la faim à moi. Je ne peux pas en faire une vraie, j’ai besoin de nourriture, mais (il rit)... Je suis en grève de la coupe de cheveux. Je ne me couperai pas les cheveux jusqu’à ce que j’aie terminé ces nouveaux albums.... Mais peut-être qu’alors ça sera joli... Maintenant c’est un entre-deux qui n’est pas beau du tout, mais peut-être que d’ici ce que je termine mes albums, ça sera plus beau... Quand tu te laisses pousser les cheveux, ça passe toujours par ce point critique où t’as une sale tronche... Mais c’est comme un rappel. Quand je prends ma douche le matin et que je me vois dans la glace, je me dis : « Hé ben, il faut que je me mette au boulot ! Il faut que je finisse ce projet. » C’est une sorte de motivation personnelle.

C’est cool.

Mais surtout ne le dis à personne ! Enfin... à part aux auditeurs.

Peux-être que tu pourrais faire une édition limitée du premier tirage de ton prochain CD, et que tu pourras le vendre avec une mèche de cheveux... Le vendre sur Ebay.

(ils se marrent)

Quel est ton titre ou ton album préféré, ces derniers temps ?

Hum, c’est quoi le nom de ce groupe ? C’est un groupe britannique, que j’ai vraiment beaucoup de plaisir à écouter ces dernières années... Ils s’appellent Mumford & Sons... Je les aime beaucoup. J’en aime le cœur et l’âme. Leur musique n’a rien à voir avec ce que je fais, mais j’aime vraiment leur cœur et leur passion, et ce sentiment spécial qui accompagne leur musique. Je les déguste depuis pas mal de temps.

Alors... On a déjà parlé du prochain album en préparation... Euh, peut-être qu’on peut attendre que les cloches d’église aient fini de sonner...
C’est midi, on peut attendre un moment...

... Et après j’aurai une série de questions brèves, et le but serait que tu y répondes rapidement, avec un ou deux mots... C’est juste pour rire.

Voyons si j’arrive à penser rapidement ! Oh, de toute façon tu devras l’éditer, tu pourras faire le tri...

Exact ! Je ne garderai que ce que je veux te faire dire...

Exactement : « Tu as dit ça ! » « Qui, moi ? »... Comme ils font avec les présidents américains...

C’est ça. Bon, ces cloches...

C’est midi, il y en a pour un moment...
Ok, j’augmente le volume de prise de son, et si tu peux parler un peu plus près du micro, peut-être que ça étouffera le son des cloches... Comment était ton premier baiser ?

Spectaculaire (il se marre ironiquement)

Qu’est-ce que tu as dans tes poches, là maintenant ?

J’ai 1 franc suisse et quelques euros

Quelle est la dernière chose que tu aies bue ?

Un Caffe Latte

Ton odeur préférée ?

Le parfum de ma femme
Oh ! C’est sympa ça.

Un mot que tu détestes ?

Glad (content)... J’aime pas ce mot.

Combien de guitares possèdes-tu ?

J’en ai... 5.

Et ta préférée ?

Ma guitare préférée, ces temps, c’est ma Gibson SG. L’acoustique que j’avais hier soir. Je l’aime beaucoup.

C’est quoi le meilleur endroit sur Terre ?

Euh... Prague.
Tu parles français ?

(il rit, suspicieusement)

Tu peux me dire quelque chose en français ?

Je peux dire... « parlez-vous inglès ? »

Quelle est ta marque de mascara ?

Mack

T’as combien de tattoos ?

1... 2... 3... 4. J’en ai 4. Ou peut-être 5.

Quel est l’animal le plus ridicule que tu connaisses ?

Ridicule ?

Oui, quelque chose qui te fait vraiment rigoler...

Oh, je vois ! Le fourmilier.

Fourmilier ?

Oui, tu sais, cet animal... le tamanoir, avec son long museau qu’il plonge dans la terre pour chercher des fourmis... C’est vraiment « intéressant » comme animal.

Une preuve de l’humour de Dieu ?

On peut rester au tamanoir, parce qu’il faut vraiment avoir un sens de l’humour pour créer un être pareil... Ou comme une girafe. À propos, tu savais que la girafe n’a pas de cordes vocales ?

Non je savais pas...

C’est intéressant... Le seul mammifère à ne pas en avoir, et pourtant elle a un long cou.

Ah tiens, j’apprends quelque chose.

Une célébrité que tu aimerais vraiment rencontrer personnellement ?

J’adorerais rencontrer Nick Cave... Ou quelqu’un dans son genre, qui lit la Bible et écrit des chansons, toutes sortes de chansons différentes... Il est vraiment fascinant !

Y a-t-il un style de musique que tu détestes ?

J’aime tous les styles de musique tant qu’ils gardent un certain sens de l’authenticité. Quand c’est artificiel, j’aime pas. C’est comme ça pour tous les styles de musique. Je préfère quelque chose qui fasse résonner mon cœur.

Dans cette émission, nous allons probablement faire entendre aux auditeurs 3 morceaux de The Violet Burning, et comme tu l’as déjà dit plus tôt, les fans aiment vraiment « Gorgeous », tu peux nous en dire un peu plus sur ce morceau ?

Le truc avec la musique, c’est qu’un morceau aura des significations différentes pour des gens différents. Il pourra avoir une signification pour toi, et une autre pour moi. Alors je ne définis pas vraiment la signification personnelle que « Gorgeous » a pour moi... Mais c’est un bon morceau ! C’est tout...

Quelque chose à ajouter pour nos auditeurs ?

Non, pas vraiment... C’est bien d’être ici, d’être en Suisse... On a pas toujours cette chance... Je crois que ça fait 2 ans qu’on avait pas joué en Suisse, alors c’est vraiment bien d’être ici. Merci de m’avoir invité !

Pas de quoi ! Merci d’être venu et d’avoir joué.

Yeah ! Et n’oublie pas : C’est Dieu qui a donné le rock’n’roll !


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