The Chariot - Long Live (2010)

publié par Marcounet le 2 mars 2011

La clique de névrosés de Josh Cogin est connue pour l’expression sommaire de ses idées chaotiques. Par habitude, le combo du chanteur originel de Norma Jean livre la marchandise sans concession... Et ce n’est évidemment pas une surprise si Long Live repousse les limites du concevable à des frontières encore non établies. Bienvenue dans le trépidant monde de The Chariot là où règnent furie, chaos et grammaire musicale aléatoire.


La recette de The Chariot est connue : il s’agit d’une tambouille formidable composée d’ingrédients fort goûteux et forcément mixés sans liant aucun. C’est bizarre, ça pique, ça mousse, c’est limite corrosif, mais on en redemande évidemment !

La table étant dressée, il est temps de passer au menu principal d’un furieux mélange insaisissable de larsens, de cris débridés, de moulins à 6 ou 4 cordes et de fûts à l’agonie. Toujours articulés autour de la prestation vocale d’un Scogin survolté, les titres défilent dans le lecteur à la mode in your face. Branchez le défibrillateur !

De tout, un peu, un peu trop parfois même. Oubliez la haute gastronomie light, mais de grâce ne confondez pas le copieux menu du jour avec un fast-food à grande faculté de cholestérolémie. The Chariot se déguste certes sans modération, mais uniquement par les fins gourmets !

Pour son premier opus sous les couleurs de Good Fight, le quintette qui n’a pas l’habitude de se refuser quoi que ce soit, ose encore plus l’exploration incertaine et inconfortable du chaos. Ainsi certaines pistes sont carrément parasitées par des ondes FM improbables. D’autres sont systématiquement déglinguées par des changements de rythme improbables. Tout est bon pour corser la sauce. Du chœur à la trompette en passant par de faux airs jazzy et de multiples samples... The Chariot n’épargne rien à l’auditeur.

Et c’est sans doute tant mieux puisque les plages défilent encore encore et encore sans pour autant blaser. Saisi d’épouvante, mais aussi de respect, l’imprudent explorateur du monde de The Chariot, devient rapidement une victime compatissante du barda magique d’un combo complètement ravagé. Fascinante en diable, la dernière pierre de l’édifice pour le moins bancal de The Chariot est un véritable pavé dans la mare du conventionnel. Gros gravier dans la chaussure du bon sens, elle se veut meurtrière comme la pierre envoyée par la fronde de David en pleine poire de Goliath.

Explorez Long Live à vos risques et périls... Mais le jeu en vaut la chandelle.

Le myspace de The Chariot
Le label Good Fight


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