Strengthen What Remains (Janvier 2013)

publié par Aifix le 12 février 2013

Strengthen What Remains est le groupe de hardcore qui monte ! Mine de rien, le combo de Floride a su faire sa place parmi les formations estampillées "spirit-filled hardcore". Alors que son second album est sur le point de sortir chez Blood & Ink, il nous semblait intéressant d’en apprendre un peu plus sur ce combo. Rencontre avec Josh, le chanteur.


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A quel moment le groupe a été crée ? Comment cela a commencé ?

Le groupe a démarré en janvier 2007 il me semble. Je suis le seul gars restant de cette formation d’ailleurs et nous somme passé par tout un tas de changements depuis. Tout a démarré autour d’un groupe dans lequel j’ai joué durant tout mon lycée et au départ Strengthen What Remains était un très mauvais groupe.

Pourriez vous définir votre style de musique pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

On joue du spirit-filled hardcore rapide et agressif.

En parlant de style, quels sont les groupes qui vous inspirent ?

Nous sommes inspirés par beaucoup de trucs, mais nous ne ressemblons pas forcément à tous les groupes qui nous influencent. Nos plus grosses influences seraient probablement Strife, No Innocent Victim, Figure Four, Buried Alive et 100 Demons. Sinon, moi je suis vraiment dans Black Sabbath. On utilisait d’ailleurs un de leurs riffs comme intro et c’était toujours épique.

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Votre premier album Humanity est sorti en 2012. Quels sont les retours que vous avez eu vis-à-vis de ce disque ?

Les retours étaient très contrastés. Certaines personnes ont adoré, d’autres pas du tout. Ce disque représente un moment marrant et il signifie toujours beaucoup pour moi, même si je trouve toutes ces compos assez immatures. Cependant, on joue toujours quelques titres de ce disque.

Vous venez de Floride. Dans le style « spirit-filled hardcore », on se souvient de Seventh Star ou Call To Preserve... Alors, quel est votre secret ? Le soleil ? La nourriture ?...

Je suis fier de faire partis de la scène hardcore de Floride car il y a des tonnes de supers groupes, qu’ils soient chrétiens ou non. Je ne pense pas qu’il y ai un quelconque secret, juste des promoteurs et des fans qui sont vraiment à fond dedans. Dédicace à With Increase , Set Free, Axis, Suitcase City, Blistered, Losin’ It, Weight Of The World, Cold Hearted, Point Blank, Vices, Our Kind, Worn Out, Stay Away, Escapist, Tom Stevens, Matt Ostraco, Matt Welch et Rory Mccoid pour garder vivant ce truc qui fait que nous sommes fiers d’en faire partie.

Vous considérez-vous comme un groupe de hardcore composé de chrétiens ou un groupe de hardcore chrétien ?

On est un groupe de spirit-filled hardcore qui s’inspire des Évangiles. Chacun de nous est très sérieux à propos de notre Foi et nous sommes honnêtes à propos de nos convictions. Je ne voudrais pas pour autant être coincé dans des histoires de vocabulaire parce qu’il y a plein de groupes qui répondraient à cette question différemment et qui ont une idée très différente de ce que ça veut dire d’être un groupe chrétien.

Considérez-vous le groupe comme un ministère ?

Oui, très clairement, et on espère que Dieu travaille à travers nous.

Vous êtes régulièrement en tournée avec des groupes non chrétiens. Comment cela se passe avec les membres de ces groupes ?

Nous croyons beaucoup au respect des opinions et des croyances des autres. Nous le faisons savoir dans les endroits ou nous allons, mais nous ne forçons personne. Nous n’avons jamais voulu être dirigés par un cahier des charges et espérons créer des amitiés honnêtes et durables avec les groupes qui nous accompagnent en tournée.

Quel est votre meilleur souvenir de tournée ?

Il y a tellement de bons moments... Une fois, j’ai failli tomber dans le Grand Canyon. Je ne suis même pas en train d’exagérer. Zach de Set Free m’a plus ou moins sauvé la vie ce jour-là. C’est un bon souvenir parce qu’en fait après ça je me sentais tellement heureux d’être en vie... Un autre très bon souvenir est d’avoir fait de l’escalade à Nashville, c’était incroyable. Il y a tellement de bons souvenirs. Tu pourrais en écrire des pages et des pages.

Votre plus grande bénédiction ?

Il n’y a pas moyen de vraiment répondre à ça, on se sent constamment bénis en tant que groupe. On a eu tellement de personnes qui nous ont ouvert les portes de leur maison et nous on traités comme leur famille. Le hardcore, je trouve ça génial pour l’aspect communautaire. Je me suis fait tellement d’amis pour la vie avec ce groupe que je suis sûr que ces relations continueront d’être cultivées longtemps après que nous aurons arrêté de jouer.

L’anecdote la plus drôle ?

Une fois on était en tournée avec Debtor et chaque soir ça finissait en grosse rigolade. Une nuit, on dormait dans une église et on a construit un toboggan géant avec une échelle et des tables. On a fini par casser l’échelle. Le lendemain matin, on a galéré pour trouver un magasin de bricolage avec exactement la même échelle.

Ça fait quoi d’être croyant dans la scène hardcore américaine ?

Parfois, ça peut être décourageant, mais cela ne nous empêche pas de vivre les choses avec sincérité et conviction. Ça me prend la tête que tout le monde ait ces beaux discours à propos de soi-même et de laisser personne te dicter la façon dont tu vis ta vie, ou de comment tout le monde est le bienvenu, mais ces idées s’arrêtent lorsqu’un mec est ouvert à propos de sa Foi. Et en même temps, je peux comprendre l’hostilité. Beaucoup de choses affreuses ont été faites et sont toujours faites au nom de Dieu. Ces actions négatives n’ont en fait rien à voir avec le véritable Dieu de la Bible, mais beaucoup de personnes ne connaissent que cet aspect de la Foi chrétienne, ce qui est une véritable déception. Je pense que dans le hardcore il y a une place pour chacun, et que c’est un grand brassage de philosophies. Donc si un groupe veut exprimer, en usant de sa liberté d’expression, les problèmes qu’il a avec le christianisme, ça me va, mais je devrais avoir le même droit de m’exprimer en retour dans ce cas là. Il ne devrait pas y avoir une quelconque discrimination envers un groupe de personnes. Au lieu de rejeter des gens à cause de leur Foi, pourquoi ne pas se concentrer sur le sexisme, le racisme ou l’homophobie et dégager ça de ta scène ?

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Est-ce qu’il te semblerait possible qu’on puisse voir un groupe chrétien jouer dans un gros festival de hardcore américain ?

Advent et Venia ont tout deux joué au Sound And Fury il y a deux ans, donc c’est la preuve que c’est possible de voir ce genre de groupes dans des gros festivals de hardcore.

De quoi parlent vos textes ?

Notre nouveau disque va être très engagé socialement parlant. Beaucoup de ces chansons traitent de choses négatives qu’on observe dans le monde, et d’essayer d’avoir un impact positif. Et le fait de réaliser qu’être juste en colère contre le monde, mais ne rien faire par rapport à ça, ça ne va pas amener le moindre changement. On ne peut pas juste attendre qu’un politicien se prenant pour le messie vienne régler nos problèmes, on doit être actifs.
Un autre élément clé est de se battre contre l’aigreur et de réaliser que les mêmes choses que je suis si motivé à dénoncer, sont déjà en moi et sont ce contre quoi je me bats chaque jour. La cupidité, la luxure, la jalousie et la gourmandise sont des choses qui tentent tous les hommes et les femmes. Ici aux USA, nous avons ce "rêve américain" qui nous pousse à vivre nos vies dans le but d’atteindre des excès et qui nous dit que le bonheur se trouve dans nos possessions, nos carrières, etc. Mais je crois qu’il y a tellement plus dans la vie. Ce que je disais sur le fait de déjà reconnaître nos propres conflits intérieurs, ça commence là en fait, avec l’aide de l’Esprit-saint qui nous pousse à être un catalyseur de changements. Je sais que c’est Dieu qui met ces choses dans mon cœur et j’espère que ça aidera d’autres personnes qui sont aux prises avec les mêmes luttes intérieures que moi.

Aujourd’hui, il y a beaucoup de musiciens chrétiens qui choisissent de jouer du metalcore, du post-hardcore... ou quelque chose comme ça. On peut le voir par le succès de groupes comme August Burns Red ou For Today. Et pas mal de personnes semblent trouver de l’inspiration dans cette vague. Alors qu’il y a une dizaine d’années, il y avait beaucoup de groupes qui étaient plus dans votre style (comme No Innocent Victim, Figure Four, Bloody Sunday...), à savoir un hardcore un peu plus « old school » et sans doute aussi un peu plus agressif. Comment expliques-tu que ça ait changé aussi rapidement ?

Je ne sais vraiment pas. Les tendances vont et viennent, c’est sùr. Je pense que ce qui explique cela en bonne partie c’est l’accessibilité. Ce style est très populaire et c’est facile de se mettre dedans dès le jeune age. Cela pourrait aussi être parce qu’il y a des groupes dans ce style-là qui visent un public de "monsieur tout le monde", comme en jouant à certains endroits, par exemple le Warped Tour pour ne pas le citer, ou en ayant leur album en tête de gondole de tous les centres commerciaux des grandes villes. Cela ne me dérange pas d’ailleurs, parce qu’il y a des mecs supers dans certains de ces groupes, qui sont doués dans ce qu’ils font et qui ont travaillé dur pour cela.

Selon toi, qu’est-ce que l’on doit nécessairement trouver dans un bon groupe de hardcore ?

L’honnêteté c’est le truc principal pour moi. Si un groupe n’a rien à dire, je pourrais autant juste écouter une radio rock ou autre. J’ai appris à propos de beaucoup de trucs à travers le hardcore, et à ce jour j’adore écouter des groupes qui me font me remettre en question, ou bien à qui je peux m’identifier. Attention, cela ne veut pas dire que je n’adore pas la musique non plus, mais le message a toujours été l’élément principal pour moi.

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Des straight edge parmis les membres du groupe ? Qu’est-ce que tu penses de cette philosophie ?

Juste moi en fait. Je pense que l’edge c’est super tant que tu l’utilises pas pour t’élever au-dessus d’autres personnes.

En mars dernier, vous avez participé au premier Stand Together Fest à Nashville, dans le Tennessee. Comment c’était ?

Ce festival était trop fun ! Daniel a fait un boulot terrible pour la programmation et il y avait un paquet de très bons sets. On était honorés d’en faire partie. Un moment mémorable c’était de regarder Venia jouer leur avant-dernier concert. Ce groupe signifiait beaucoup pour nous et c’était triste de les voir partir.

Votre prochain album va sortir chez Blood & Ink. Comment ça s’est fait ? Pourquoi avoir choisis ce label ?

On leur avait demandé de nous signer des années avant qu’ils le fassent. Au bout d’un moment, on a appris à se connaître et finalement c’est simplement arrivé. Je pense que Blood & Ink maintient vraiment le spirit-filled hardcore à un bon niveau et nous sommes très excités d’être sur un label aussi cool. Je nous verrais pas ailleurs.

Qu’est-ce que vous faites dans la vie de tous les jours, à còté du groupe ? Vous travaillez ?

Notre bassiste et moi-même sommes vendeurs dans un stand de « bretzels » au supermarché, entre deux tournées, et tous les autres trouvent des jobs alimentaires durant les pauses. Je fais aussi du booking pour quelques autres groupes de hardcore et j’espère commencer bientôt des impressions sur t-shirt avec l’un de mes meilleurs amis cette année. Dans mon temps libre, j’essaie de trouver du temps pour faire du skate le plus possible.

Est-ce que vous prévoyez de nous visiter et de faire une tournée en Europe un jour ?

J’adorerais ça ! Pour le moment, on n’a pas de plan, mais c’est clairement quelque chose qu’on adorerait tous faire.

Quel est le futur de Strengthen What Remains ?

On va jouer à Puerto Rico en février et faire une tournée américaine complète en mars/avril. On va aussi sortir un album cette année en fait.

Au fait, ça viens d’où ce nom ?

La Bible, c’est dans le livre de l’Apocalypse, chapitre 3, verset 2.

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