Stay Strong - Freakstock 2011 (6 aout 2011)

publié par Aifix le 9 décembre 2011

Stay Strong est un groupe de hardcore venu tout droit de Bad Hersfeld en Allemagne. La formation existe depuis 2008 et a joué pour la première fois au dernier Freakstock. Nous avons profité de leur venue au festival pour faire une interview avec le chanteur (Raphaël), le batteur (Samuel) et le bassiste (Patrick).


Salut les gars, pourriez vous vous présentez et présentez rapidement le groupe ?

Samuel : Je suis Samuel, le batteur, et je passe du bon temps avec le groupe ! On a commencé à jouer en 2008, surtout pour s’amuser. On a fait pas mal de concerts et c’était des bonnes opportunités pour faire la fête. Surtout que Raphaël, notre chanteur est un très bon ami depuis plusieurs années. Au début on a eu quelques changements de line up, notamment de guitariste. Mais ce qui est important c’est que quand on a commencé Stay Strong, on a décidé qu’on voulait pas faire du metalcore mais du hardcore, avec des mosh parts. Et en fait, c’est ce qu’on joue depuis le début.

Raphaël : Oui, c’est vrai qu’il y a eu vraiment des parties bien distinctes dans ce groupe. Au début on a commencé à mettre quasiment que des mosh parts. Ensuite on est revenu vers une touche old school plus pure. Et on s’est rendu compte que notre puissance on la trouvait dans un mélange des deux. Au niveau du message on est très inspiré par l’anti-capitalisme ainsi que les valeurs de la scène hardcore, en tout cas ce qu’elle représente pour nous. Mais depuis cette année je pense qu’on a plus d’énergie, plus de passion. Et je crois qu’on a trouvé notre son et qu’on a vraiment trouvé la musique qu’on veut jouer. En gros, dans nos compos tu retrouve une combinaison de mosh parts, et de parties plus old school. Car on aime bien les breakdowns finalement. Mais pour autant on ne veut pas être catalogué comme un groupe super agressif qui arrive sur scène et qui balance "on aime la drogue, les putes, l’argent".

Comme dans la scène beatdown ?

Raphaël : Oui, exactement !

Justement, de quoi parlent vos textes ?

Samuel : Déja, on est un groupe de hardcore positif. Ensuite, avec nos textes on essaye d’interpeler les kids par rapport à l’état de la scène hardcore. Car il y a pas mal de gens qui disent "Hey moi j’suis hardcore parce que je porte tel t-shirt de tel groupe qui est super connu". Et nous on veut juste dire "Hey, on est juste des gars qui adorent la vie, qui adorent le hardcore". Et par rapport à tout ces kids qui portent des t-shirts de groupes super connus genre Heaven Shall Burn ou Caliban, j’ai envie de leur dire "Hey, le hardcore ça se vit, tu peux porter un t-shirt Caliban ou un t-shirt du supermarché, c’est pas ça qui est important !"...

Raphaël : ...Ce qu’il veut dire à mon avis c’est : "Porte ce que tu veux. Tu peux avoir les baskets les plus bon marchés qui existent. Si t’es ok dans ton cœur, ça me va." Le reste on s’en fout.

Samuel : Oui c’est ce que t’a dans ta tête qui est important.

Raphaël : Par ailleurs, je dirais qu’on est pas un groupe politisé. Il y a pas mal de groupes aujourd’hui qui sont très engagés en politique en Allemagne, surtout au niveau de l’antifascisme. Bon, nous on est contre le fascisme. On est vraiment pas ok avec l’antisémitisme ou le racisme. Mais je dirais... qu’on veut rester neutre.

Samuel : Oui, on voit un peu deux camps en train de se faire la guerre avec d’un côté des gens qui se présentent comme des fascistes et de l’autre des gens qui se présentent comme des antifas. Et d’un côté comme de l’autre, ce sont les mêmes en fin de compte. Et nous on est un peu coincés au milieu car on veut pas rentrer dans leur idéologies...

Raphaël : ...Mais on ne tolère pas pour autant le fascisme ! Si on avait un camp à choisir, ça serait les antifas. Mais la raison pour laquelle on ne veut pas s’engager c’est... Après tout, on reste des humains. Nous quand on vois une personne, on essaye de voir son cœur avant son étiquette politique. Moi je peux allez dans la rue voir quelqu’un et lui dire "Tu es un fasciste, et c’est vraiment quelque chose que je déteste. Mais en tant que chrétien, j’ai envie d’espérer qu’il y a quelque chose de mieux dans ton cœur."

Je vois. A propos de la Foi chrétienne, vous considérez vous comme un groupe chrétien ?

Samuel : Non, Raphaël c’est le seul qui croit en Dieu. Nous les autres on est plutôt la "Ok, nous on est pas croyants mais on accepte que tu le sois". Mais le plus important à mon avis c’est qu’on est réunis autour de l’idée de faire du hardcore positif. A mon sens, c’est assez proche de la mentalité chrétienne. Mais on se présentera pas comme des chrétiens, on ira pas forcer des gens à croire en Dieu. On est plutôt la à proposez notre musique. Si t’a envie, viens faire la fête avec nous ! Mais on ne dira jamais "Tu dois ceci, tu dois cela."

Patrick : Moi personnellement je ne suis pas chrétien et je ne crois pas en tout ces trucs à propos de Dieu, Jésus... Mais j’aime beaucoup les gens ici, ils sont cools... Tu peux allez parlez à n’importe qui. Tout le monde est amical ! Je trouve ça super.

Samuel : Ouai c’est ça que je trouve super aussi. Je viens au Freakstock chaque année depuis 2006, pour y faire la fête avec les potes... Et je n’ai pas cru en Dieu un seul instant depuis tout ce temps (rire général). Mais c’était que du bonheur pour moi ! J’adore ce festival !

Patrick : Moi c’est la première année que je viens mais j’espère vraiment revenir l’année prochaine.

Raphaël : Quand à moi... Parfois c’est pas évident d’être le seul chrétien du groupe. Bon, c’est le mode de vie que j’ai choisis et je pense qu’il est bon pour moi car j’aime Jésus. Mais ce que je veux dire c’est... En tant que chrétiens, on devrait pas rester en dehors. On devait pas vivre dans un "ghetto". On ne devrait pas vivre uniquement pour notre église ! En tant que chrétien, je pense pas que je sois meilleur qu’un autre, je pense pas être quelqu’un de meilleur que Samuel ou Patrick. J’ai fais des conneries dans ma vie, j’ai fais des erreurs... Et je pense que c’est important de pouvoir avoir cette "combinaison", à la fois être chrétien sans pour autant se couper du monde. Mais pour ma part, parfois c’est un choix assez dur à assumer. Car dans ma ville, tout le monde sait que je suis chrétien et pas mal de gens se foutent de moi ou font des blagues par rapport à ça. Tu vois c’que j’veux dire ?

Oui, complétement !

Raphaël : Mais je rentre pas dans leur jeu... Mais je pense que tout les chrétiens devraient vivre comme ça. Tu peux avoir ta vie, à l’extérieur, mais tu peux aussi à l’intérieur de toi, dans ton cœur, avoir Jésus. Pour moi c’est ça qui est essentiel.

Tu a parlé des gens qui se moquaient de ta Foi. Ça m’amène à la question suivante. Donc, vous m’avez dit que vous vouliez pas être catalogué comme un groupe chrétien. Pourtant le Freakstock est assez clair au niveau des convictions, c’est carrément un festival chrétien. Ma question c’est donc, vous prenez pas un risque en jouant ici ?

Raphaël : (Soupirant) C’est un bon point, un très bon point... Effectivement, pas mal de groupes on été catalogués comme "groupe chrétien" après avoir joué ici. Comme Today Forever par exemple. Mais moi personnellement, ça me fait pas peur. Ça me fait pas peur parce que les gens nous connaissent, et ils savent qu’on est tolérants. On essaye pas de se positionner plus haut que les autres. On est juste...

Samuel : ...En fait, on est juste le genre de gars qui se mettent devant la scène pendant les concerts. On est un crew. On est pas juste un groupe de musique, y’a aussi les amis autour. On ne pense pas être meilleur que quiconque, on est juste la à dire "Hey, venez nous voir, on sera content de discutez avec vous."

Raphaël : Oui, ils peuvent venir nous voir. En tout cas pour moi ça serait pas un problème. Même si ils on un problème avec le côté chrétien. Je suis ok pour discutez et expliquer aux gens ce que ça veut dire pour moi le hardcore. Pour moi c’est avant tout une famille. Et les critiques ne me font pas peur car j’ai énormément confiance en Dieu. Je prie beaucoup pour ce groupe, pour trouvez des concerts, un label, pour les CD, etc. Et... j’espère que les gars ne vont pas mal le prendre mais... je pense que créer ce groupe ça fessait partit du plan de Dieu. A mon sens en tout cas, ça vient de Dieu, et je crois qu’il nous guide. On est un crew, une famille, on est pas seulement des musiciens. Mais c’est juste mon opinion hein.

Samuel : Le truc aussi c’est qu’avant tout on est des amis. Raphaël et moi on est amis quasiment depuis toujours. Et selon moi, la question de savoir qui est chrétien ou qui ne l’est pas n’est pas très importante.

Sinon j’avais une question par rapport à vos concerts passés. Vous avez joué avec des assez gros groupes : Walls Of Jericho, No Turning Back, All For Nothing... Et même au Return To Strenght Festival en mai dernier, qui est un assez gros festival. Donc ma question c’est : dans des concerts comme ça, essayez vous de faire passez un message ?

Samuel : Complétement. On a un message positif. Comme t’a pas pu le voir hier, Raffi parle beaucoup sur scène entre les chansons... Et on essaye de dire "Hey les gars, réfléchissez un peu." C’est pas juste pour présentez la chanson suivante tu vois...

Raphaël : On veut réveillez un peu les kids car aujourd’hui ils ne réfléchissent plus à ce qui se passe autour de nous !

Patrick : La encore, on ne veut pas forcer qui que ce soit. On veut juste dire "Hey, écoute ça et réfléchis-y".

Raphaël : Pas mal de kids de 14 ou 15 ans viennent nous voir quand on joue en concert. Nous on est pas fan des "fashion-hardcore kids" qui arrivent, sur d’eux, avec leur t-shirt Caliban... Mais ce qu’on voudrait leur dire c’est "Tu a un trésor en toi, tu es important, et ce qui est encore plus important c’est ce que tu a dans ton cœur"... C’que j’veux dire c’est que tu n’a pas besoin de portez un masque.

Samuel : Oui, sois toi même !

Une autre question par rapport à la philosophie de votre groupe. Y’a pas mal de groupes de hardcore qui jouent les durs, qui parlent de la fierté, de croire en soi... mais qui ne parlent jamais de nos faiblesses. Qu’en pensez vous ?

Raphaël : Stay Strong n’est clairement pas un groupe "tough guy".

Samuel : Oui et puis il faut pas se fier aux apparences. Par exemple moi j’ai des tunnels aux oreilles. Et y’a pas mal de gens dans la scène hardcore qui me pourraient me ranger dans une certaine catégorie. Mais moi j’en ai pas envie ! Je fais juste ce que j’ai envie de faire et c’est tout. En tant que groupe, on accepte tout le monde. Tu peux être un teufeur, le plus gros des tough guy hardcore, ou juste un mec qui écoute du hip-hop ou autre chose. C’est pas ça qui m’intéresse. Ce qui m’intéresse c’est qui ils sont vraiment, et pas les vêtements qu’ils portent. Et j’ajouterais aussi qu’a mon avis, tout le monde à une chance de vivre la vie qu’il veut vivre. Mais malheureusement, pas mal de gens estiment qu’ils doivent ressembler à telle ou telle personne car ils veulent être "dans la scène".

Raphaël : Et pour revenir à la question, par rapport au discours... Personnellement je pense que le fait de parlez fort et de façon brutale c’est très important. Et j’aime beaucoup les groupes qui expriment leur message de façon brutale. Comme No Turning Back. Leur passion et leur conviction correspond pas mal à mon style... Mais je dirais que la musique reflète qui tu es. Nous on a tous des modes de vie assez durs. On pourrait dire qu’on est un groupe "working class". Tout le monde travaille dur. Bon, sauf moi pour le moment, je suis au chômage depuis lundi dernier (rire général). Mais sinon on travaille dans différents domaines...

Patrick : Moi personnellement je suis tailleur de pierre.

Raphaël : Et donc tout ça pour dire que c’est peut être pour ça aussi que notre musique peut sembler brutale parfois.

Pour la prochaine question, je vais vous dire quelques noms de groupes et vous allez me dire ce que vous en pensez. Le premier c’est Descent To Rise.

Samuel : Descent To Rise... On a fait une tournée avec eux l’année dernière. Ce sont des mecs super cool. Leur message est plutôt cool aussi je trouve. Car, évidement ils sont un groupe chrétien, mais ils ont surtout un message positif. Et on a passé pas mal de temps avec eux. Et à chaque fois qu’on les vois c’est super parce qu’ils sont très chaleureux !

Raphaël : Ils ont un très bon mode de vie je trouve. Ils ont des familles, des enfants, mais à côté de ça ils vivent leur passion pour la musique. Et en tant que chrétien, j’admire aussi leur façon de vivre la Foi. Ils ne sont pas renfermés sur eux même, ou dans leur ghetto.

Samuel : Et ce que j’aime bien aussi chez eux c’est qu’ils sont assez simples, ce sont pas des rock stars.

D’accord. Le deuxième groupe c’est All For Nothing.

Samuel : J’adore All For Nothing ! On a joué avec eux au Return To Strength Festival. Et ils ont déjà joué dans notre ville aussi. Et Raphaël est un bon pote à eux aussi. Et c’est assez cool de parlez avec ces gars. Une fois je me souviens quand j’ai parlé avec leur bassiste à un concert, c’était très sympa. Surtout qu’on pourrait avoir une mauvaise opinion d’eux. Car All For Nothing, actuellement, c’est un groupe dont on entend pas mal parlez. Et pourtant, n’importe qui peut venir leur parlez et ils discutent avec toi normalement. Je trouve ça super. Et j’adore aussi leur musique bien sur !

Raphaël : Je les ai rencontrés et on a rapidement sympathisé. Pas comme un fan, je suis pas venu vers eux comme un fan. Et a chaque fois qu’on se voit on passe du bon temps. Et pour moi c’est ça le hardcore. Je supporte pas les groupes qui disent "C’est nous les durs, voici mon crew, les autres je vous emmerde, tout ce que je veux c’est votre argent." Tu vois c’que j’veux dire ? Mais All For Nothing, ce sont des gens supers.

Ok, le prochain groupe c’est... The Hope Of A Blind Man.

(exclamations générales !)

Samuel : Ce sont des supers potes ! On les adore ! Chacun d’entre eux. On les connait depuis... je sais pas... beaucoup d’années.

Raphaël : Pour ma part, je les ai découvert quand je les ai vu jouer à un Freakstock. Et quand Opposition Of One a fait sa dernière tournée j’ai organisé une date avec The Hope Of A Blind Man donc. Et c’était un super concert ! La salle était pleine, y’avais plus de 200 personnes. Et donc depuis ce moment la, on a vraiment sympathisé, ils dorment chez moi quand ils viennent... Parfois on fait juste les 200 km le week-end pour allez les voir, pour allez à un concert avec eux, ou juste sortir et trainer avec eux. Je nous vois un peu comme une famille.

Samuel : Oui, on a eu des supers moments avec eux aussi. Comme il a dit, on peut prendre notre voiture et faire les 200 km juste pour allez faire la fête avec eux et se voir.

Dernière question, avez vous enregistré ou prévoyez vous d’enregistrer quelque chose ?

Samuel : Ouai, début 2009 on a enregistré notre première démo. En fait c’est juste une chanson : Hate Free Youth. Ensuite en 2010 on a enregistré une autre démo, avec 6 titres cette fois. Et on prévoit aussi d’allez en studio prochainement et enregistrez un album parce que...

Raphaël : ...Le moment est venu.

Samuel : ...Oui le moment est venu ! Et on prévoit d’avoir quelques invités comme Cindy d’All For Nothing.

Ah, ça c’est une super idée !

Raphaël : Oui, elle a dit qu’elle était partante donc normalement ça devrait se faire.

StayStrong-2011


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