Norma Jean - Redeemer (2006)

publié par Séb le 14 janvier 2007

Bless the Martyr and Kiss the Child, O God The Aftermath... Cette fois-ci, on raccourcit le titre, un seul mot : Redeemer (Rédempteur) et on se lance dans 11 morceaux, entre chaoscore, screamo, metalcore et rock’n roll. C’est surprenant, décevant par moments, mais il est impossible de rester indifférent à ce nouvel opus du groupe.


Difficile de l’appréhender ce nouvel album. Après plusieurs écoutes on est partagé. Est-ce que c’est bien, est-ce toujours du Norma Jean, est-ce qu’ils ne seraient pas en train de se plier aux lois du fashioncore envahissant ? Votre serviteur pourrait adopter deux attitudes : celle du vieux fan hardcore du groupe qui ne jure que par leur premier album ou celle de l’auditeur lambda qui est prêt au changement. Mais ce serait choisir la voie de la facilité.

Comme c’était déjà le cas sur les deux précédents albums, le groupe ne prend pas la peine de nous offrir une jolie petite introduction, non non. Il nous balance son premier morceau dans la face, sans autre forme de procès. Idéal pour sortir de son lit le matin. Forcément, faut s’accrocher, Norma Jean, c’est pas de la dentelle. Par contre y a un truc bizarre, cette voix ! Le chanteur a adopté un style vocal oscillant entre le hurlement froid et le chant clair. Si sur certains morceaux cela passe assez bien (dans Songs Sound Much Sadder par exemple, cela fonctionne à merveille), cela n’est pas le cas pour d’autres. Et ce serait probablement là le plus gros reproche que l’on pourrait faire à ce nouvel album.

Musicalement, Redeemer est un cd d’excellente facture. Les compositions, bien que toujours chaotiques et qui pourraient donner un sentiment un peu bordélique sont toutes très propres et travaillées. Petit regret en revanche sur la durée des morceaux, tous plutôt courts. On ne retrouve d’ailleurs plus de très long morceau, comme c’était le cas sur Bless the Martyr... et O God... L’ambiance n’est plus aussi sombre que dans les précédents albums. Ici on nagerait plutôt dans une atmosphère un peu rock’n roll sauvage et mélancolique. On sent aussi clairement que le groupe a atteint une plus grande maturité et que si, pour votre serviteur, le premier album reste encore et toujours le plus abouti, ce dernier ouvrage se permet beaucoup plus de choses et se révèle étonnament innovant. Le dernier morceau, No Passenger : No parasite, illustre bien ce nouvelle évolution qui offre un croisement plutôt réussi entre le premier et le second album.

Sinon, une fois de plus, AsterikStudio s’est démené pour nous offrir un artwork particulièrement bien et collant tout à fait à l’esprit du disque. A noter toutefois que l’image de couverture est signée Shannon Crawford (www.shannoncrawford.com).

En bref, pour ceux qui suivent le groupe depuis plusieurs années maintenant, cet album risque d’être assez étonnant, mais vaut largement la peine pour les directions que choisi le groupe. Et la qualité de la production de Ross Robinson (Korn, Limp Bizkit, entre autres) est autrement plus puissante et percutante que sur O God the Aftermath. Redeemer est un album a écouter le volume bien haut tout en s’assurant qu’il y ait suffisamment de place dans son salon pour faire bouger ses bras. Norma Jean est toujours là et l’on espère qu’ils sortiront des albums pour encore quelques années.

www.normajeannoise.com
www.solidstaterecords.com
www.centurymedia.de


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