Norma Jean - Meridional (2010)

publié par Marcounet le 10 décembre 2010

Tel un aimant, Meridional attire à lui tout ce qui l’approche dans un rayon de 100 km ! Une fois collé au dernier opus de Norma Jean, impossible de s’en séparer.


Les plages filent, défilent et les boucles reprennent leur cycle effréné. Rien n’y fait. Impossible de ne pas relancer la galette en mode loop & replay. Il apparaît presque présomptueux de vouloir effectuer une chronique d’un album d’une telle ampleur, d’un tel contenu sonore, artistique et expérimental.

Jusqu’ici chaque sortie de Norma Jean a apporté son lot de nouveautés et de révélations. De la folie brutale pure et dure des premiers opus à la complexité névrosée au son plus commercial des suivants, les Géorgiens ont fait, refait et défait tous les stéréotypes s’attirant sympathisants et détracteurs, louanges et critiques acerbes. Une complexité aux saveurs aigre-doux qui semble coller à la peau du combo répondant au nom civil de l’immortelle égérie d’Holywood, Marylin Monroe.

Honni par les fans de la première heure lors de la parution de ses derniers albums estampillés Solid State mais divinisé par un nouveau public, Norma Jean a trouvé le moyen de pérenniser son attrait auprès du second nommé tout en reconquérant le cœur de ses premiers amours. Le liant s’appelle Meridional et la recette mérite les éloges de tous les gourmets.

Intense, complet, fou-fou, dévastateur, l’ouragan Meridional tient en haleine son auditoire sans temps mort. En état de grâce Norma Jean livre une alchimie rare entre efficacité, innovation, lourdeur, rage et émotions à fleur de peau. Parfois décriée, l’extraordinaire panoplie vocale de Cory Putman surfe dans des espaces jusqu’ici inconnus du genre. De gros bourrin à chant clair en passant par divers stades d’éraillement, la voix se conjugue réellement comme un instrument dominant. Tiens puisqu’on en parle… Le genre ? Quel genre ! En existe-t-il un pour qualifier le son défilant tout au long de Meridional ? Assurément pas ! Du mathcore rageur du début de l’album en passant par les consonances néo-metal de certains titres transitoires à l’expérimental de haut vol des derniers titres, il est impossible de vouloir ranger la nébuleuse Norma Jean dans un tiroir.

D’audace en audace, les Géorgiens, qui ont même eu recours à une chorale (dans Septentrional), explorent de nouveaux horizons sans rien perdre de leur originalité. L’art de l’utilisation des breakdowns a sans doute atteint son paroxysme. Rarement dans l’histoire de la musique, il n’aura été aussi bien maîtrisé. Du son triomphant des guitares dans certaines parties très métalcore en passant par l’utilisation parcimonieuse de refrains à entonner gaiement, sans oublier l’incroyable impression de puissance couplée à la fraicheur que distille Meridional, tout nous fait penser que le talent de Norma Jean ne s’est jamais aussi bien révélé à la face du monde qu’aujourd’hui. Sinon la facétie inutile du dernier titre Innocent Bystanders United – 15 minutes de silence entre deux portions de haute voltige musicale – rien n’est à jeter ! Bien au contraire !

Norma Jean sur MySpace : http://www.myspace.com/normajean


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