Nodes of Ranvier - The Years To Come (2005)

publié par Marcounet le 16 novembre 2005

La dernière galette des Nodes of Ranvier s’avère si copieuse qu’elle peut
apparaître indigeste lors des premières écoutes. C’est un peu comme si vous vous apprêtiez à déguster un énorme bol de crème au chocolat sur une fondue.


Nodes of Ranvier - The Years to Come Après une intro musicale digne des plus grands western
spaghettis, "Relentless" offre un son carré et ravageur. Une surprise de taille par rapport aux deux premiers scuds des NOR... la voix a changé. Il n’est désormais plus question d’hurlements propres au hxc, le lead nous propose une lourdeur hors du commun à mi-chemin entre le thrash old school et le death metal. Surprenant certes, désopilant même ! Pourtant le phrasé s’en trouve renforcé et plus intelligible que jamais.

La lecture linéaire du cd nous montrera que NOR surfe allégrement sur la vague du post-metal en proposant un éventail extrêmement varié. Ainsi chacun
des titres que contient "The years to come" dévoile une facette d’un groupe décidé à ne pas s’enfermer dans un genre unique. Plus présentes que jamais, les backing
vocals offrent un relief intéressant. Par ailleurs, les guitares aux consonances "jubilatoires" sont du plus bel effet. Erf !

A mesure que les chansons défilent, l’auditeur prend conscience qu’au-delà d’un tourbillon de décibels plus ou moins saturés, cet album est un vrai chef-d’œuvre. Qualitativement parlant, le son proposé est extraordinaire. Difficile de sélectionner un titre plutôt qu’un autre tant chacun diffère du précédent.

Pour l’exemple : la paisible ballade "Grave" succède au gros son metalcore cinglant de "The years to come", le plus naturellement du monde. Empruntant le squelette du merveilleux intrumental "It’s going to be ok" de "Lost senses, more innocence", "Grave" séduit tant par son calme que par sa lourdeur. Une sorte de fusion entre "Cats in the craddle" d’Ugly Kid Joe, de "Black hole sun" de Soundgarden et de "Californication" des Red Hot Chili
Peppers. Plus proche de nous dans la scène chrétienne, la comparaison avec le splendide "Bottom feeder" de Project 86 n’est pas usurpée.

Le Artwork présenté par Dennis Sibeijn de Damnengine est impeccable. Il résume visuellement le cd : lumineux mais lourdement chargé. Quant aux paroles des chansons, elles mériteraient d’être plus explicites. Certes des lyrics du genre « Look into this heart. The only part of me. That’s still in tact. The loves instilled in me. Another sunrise it begins. A new day shows its face. The child’s name is on my engraved. Means more than everything. Unpredictability, overthrown thos momements of beauty. Keeps hope and love alive » ne laissent pas non plus trop planer le doute quant aux convictions des membres du groupe mais on aurait souhaité plus d’engagement.

En conclusion, une seule certitude s’impose : les puristes d’un style quelqu’il soit n’y trouveront pas leur compte. Les fans de la première heure, convaincus par le chaos maîtrisé ambiant des deux premiers albums resteront peut-être aussi sur leur faim. Mais pour tous les autres : impossible de ne pas succomber au charme et à l’efficacité du NOR nouveau, énigmatique entre gros son et exercices de style exécutés avec génie.


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