Necroblation (Interview du 31 mars 2012 au Base Bar, Lausanne)

publié par Djhé, Johnar le 15 mai 2012

Le 31 mars dernier, Necroblation sortait enfin de sa cave pour donner son premier “vrai” concert, et en tête d’affiche s’il vous plaît ! Un brin de trac, disparu sitôt la montée sur scène : le spectacle en a surpris plus d’un. Entretien avec le groupe au grand complet, juste avant le concert.


JPEG - 45.3 ko

Salut les gars ! Vous pouvez vous présenter ?

Jonathan : Je m’appelle Jonathan, je suis le guitariste-chanteur-fondateur du groupe.

Yannick : Moi je suis Yannick, le batteur, membre fondateur aussi.

Greg : Moi c’est Greg, je suis le bassiste et je suis arrivé un peu plus tard dans le groupe.

Et présenter Necroblation, dans la foulée ?

Jonathan : Necroblation est parti des cendres d’une autre formation où on jouait Yannick et moi (Demoniciduth), et niveau controverse, c’était assez violent. On a quitté le groupe pour cause de points de vue très divergents sur la direction du groupe, et on a fondé Necroblation. Notre but à la base, c’est de jouer la musique qui nous plaît, brutale et travaillée, tout en transmettant une idée positive à l’aide de textes basés sur notre conception de la foi.

Jonathan, c’est toi qui écris les textes, quels sont tes thèmes principaux ?

Jonathan : Certains textes parlent beaucoup de mes combats, de ma façon de me battre contre la dépression, la routine, etc. D’autres sont plus proclamateurs et directs, mais sans essayer de matraquer les gens à grands coups de dogmes. J’ai quand même des textes assez clairs, où je n’ai pas peur de dire le mot « Dieu » ou « Jésus ». Moi ça ne me pose pas de problème.

Greg : On préfère rester dans le subtil, on essaye de passer un message positif pour que ça puisse toucher le plus de gens possible, pas juste dire « Soyez tous chrétiens ! ». Les textes se rapportent plus à la relation entre soi-même et la foi qu’entre soi-même et l’église.

Greg, tu n’es pas chrétien, alors comment vois-tu ta position dans le groupe ?

Greg : Comme je ne suis pas chrétien, je ne milite pas pour le christianisme au détriment d’une autre confession, parce que je pense que chacun a droit à sa propre pensée. Mais je crois que, peu importe le nom qu’on lui donne, il y a quelque chose de supérieur. D’ailleurs, on prend un moment de prière à chaque répète, et moi je prie toujours pour « Qui que ce soit ». Je ne dis jamais « Dieu », parce que j’ai un peu de difficulté à ce niveau-là, mais à partir du moment où ça véhicule un message positif, je suis d’accord ! C’est un truc que j’aime dans le groupe, c’est que c’est réceptif et non pas fermé comme l’image que j’ai de l’église. Si ça avait été un groupe de fanatiques évangéliques bas-du-front, je n’aurais jamais joué avec eux, et ils ne m’auraient jamais accepté non plus ! Ils vont à l’essentiel des choses, sans s’arrêter à des broutilles. Même si je ne suis pas chrétien, on arrive à bien s’entendre et on se comprend, même sur ce qui touche la foi.

JPEG - 61.4 ko

Yannick : C’est un truc vraiment bien dans le groupe, le fait qu’on arrive à s’accepter crée une symbiose particulière et très agréable. Greg s’est bien intégré dans le groupe, il joue super bien, et on a beaucoup de plaisir à travailler avec lui !

Pendant les concerts, quel est votre point de vue par rapport à ceux qui prêchent au milieu de leur spectacle ?

Greg : Je trouve que ça ne sert à rien de prêcher, si dans la salle il y a des gens qui ne se sentent pas concernés par ce milieu. C’est mieux de faire du second degré, de faire marrer les gens, qu’ils se disent : « Tu vois, c’est pas du lavage de cerveau, ils savent déconner, ces chrétiens ! ». Le but c’est de provoquer un déclic chez eux, qu’ils se disent que c’est intéressant, et qu’ils y prêtent une oreille attentive.

Jonathan : L’important, c’est l’attitude qu’on aura sur scène, notre façon de nous comporter et d’amener quelque chose de positif. Il y aura aussi des petits clins d’œil, comme mon T-shirt, au demeurant assez explicite (dessin d’Alain Auderset représentant Jésus mettant une bastos à un squelette), et des trucs comme ça qui montrent que je crois fermement en Dieu. On ne va pas faire de message sur scène, parce que les gens ne sont pas là pour ça, et s’ils aiment notre musique, ils s’intéresseront à nos textes.

Vous prévoyez un enregistrement, des concerts, des événements, quelque chose ?

Greg : Le premier point, c’est finir l’enregistrement de notre album, « Ablation of Death », qu’on pense presser à 1000 exemplaires et qu’on utilisera pour nous faire de la publicité. On a le site web en cours, la pochette de l’album aussi, et on espère que ça sera prêt pour l’été. On est déjà en train de composer pour l’album d’après, qu’on espère sortir fin 2012-début 2013. Côté concerts on a une date en Suisse-allemande pour le mois d’octobre, et sinon on cherche des dates, parce que tout ce qu’on veut maintenant c’est tourner !

JPEG - 34.6 ko

Quelles sont vos attentes par rapport au concert de ce soir, vu que c’est votre première sortie sérieuse ?

Yannick : Faire plaisir aux gens ! Qu’ils puissent vraiment s’éclater, et être interpellés par exemple par le T-shirt de Jo !

Jonathan : Pour moi, c’est qu’ils se sentent motivés par notre musique, que ça leur amène une bonne énergie. Quand ils recommenceront leur semaine, j’espère qu’ils se diront : « C’est cool, parce que samedi soir j’ai vu un groupe qui dégageait quelque chose de super positif ! ».

Greg : Ce que j’espère aussi, comme on est un groupe de death et que les paroles sont pas forcément audibles, c’est que les gens aillent regarder les textes après coup, et qu’ils comprennent le fond de notre message.


Share |
Imprimer ce document