Mercury Switch - Time to Shine (2005)

publié par Séb le 13 février 2006

Album atypique s’il en est, le nouveau Mercury Switch, a au moins le mérite d’être plutôt étrange, bien qu’il n’apporte rien de nouveau aux fans du genre. Avis aux amateurs de hardcore, de metal progressif, de heavy 80’s et même de Deftones, cet album devrait faire plaisir à vos oreilles.


Mercury Switch - Time to Shine I believe love is stronger than. Clenched fists and broken wrigs. (Traduction : Je crois que l’amour est plus fort que. Des poings levés et des poignets brisés). Premières phrases de la première chanson de ce nouvel album. Le mot d’ordre est lancé. L’appel est clair et ne fera que se confirmer au fil des chansons à suivre. Mais penchons nous d’abord sur le son Mercury Switch.

Cet album ne marquera pas l’histoire du hardcore. Autant le préciser dès le début. Mais (il y a toujours un "mais" qui traîne dans un coin, près à bondir pour sauver la peau d’un malheureux qui n’aurait, en apparences, que peu de chances de survie)... je disais donc, mais il possède suffisament d’atouts pour devenir ce genre de disque que l’on se surprend à retrouver bien plus souvent qu’on ne pourrait le penser dans la chaîne hi-fi. La première chanson, au delà de son texte coup de poing, développe dès le début une certaine puissance. Sans être ravageurs, les riffs efficaces, la batterie qui balance plutôt bien et une basse qui groove sans cesse, le tout accompagné de stridentes nappes de synthés, auront vite fait de surprendre, voir même de plaire à l’auditeur. Si la base hardcore du groupe reste présente dans tous les morceaux, on découvrira bien vite que tout un tas d’inspirations, volontaires ou non, se faufilent ci et là. Quelle surprise alors de retrouver des gimmicks typiquement metal progressif au détour d’un refrain (voir même de tout un morceau) ou de croire entendre, le temps d’un début de chanson, les Deftones qui remplacerait les 5 musiciens. Et si la violence brute montre son nez à plusieurs reprises, il faut aussi reconnaître à Mercury Switch une jolie maîtrise des passages plus posés, plus calmes et qui s’avèrent vraiment agréables. Mais si il y avait un morceau à retenir dans cet album intriguant, ce serait assurémment The Devil is a Woman Tonight. Pur résultat d’une inspiration 80’s avec voix aigues et guitares criadres ; amateurs de mulets, de pantalons en cuir moulants et de gilets en jean, ce morceau est pour vous. Et même si l’on aime pas le genre, il est difficile de ne pas prendre un certain pied à l’écoute de cet OVNI. Le gros soucis derrière tous ces moments intéressants, c’est que la musique ne semble exister que par ces diverses récupérations sauvages de genres parallèles. L’exercice est intéressant, les musiciens maîtrisent la chose à n’en pas douter et même si le tout est très fun, il manque ce petit plus qui permettrait à Time to Shine de mener sa propre existence.

Mais la musique sans le texte ne serait qu’un support vide. Lyrics intéressants, bien que, au goût de votre serviteur, un poil trop neutres, trop lisses et passe-partout. On trouve quelques passages plus "inspirés" évidemment, mais dans l’ensemble, les textes restent, malgré un début plutôt fracassant, assez sobres. Oh bien sûr, en tant que chrétien il y a plusieurs phrases qui marquent ou qui titillent notre instinct de converti, mais cela reste plutôt léger sur l’ensemble des paroles.


Time to Shine
ne marquera pas l’histoire du hardcore. Qu’on se le dise. Mais la foisonnance d’inspirations musicales et la maîtrise dans l’exécution fait plaisir à entendre et en font un album qui mérite quand même d’être découvert.


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