Kashee Opeiah (Dossier Freakstock 2008)

publié par Marcounet le 17 août 2008

Kashee Opeiah a défrayé la chronique et surpris son monde lors de la sortie de son premier album, Panic in Solitude, en 2006. Apôtre du metalcore mathématique, le groupe allemand était sur la Side Stage du Freakstock vendredi, l’occasion était belle de faire le point avec son frontman, Daniel.



- Peux-tu te présenter ainsi que ton groupe ?
Je suis Daniel de Kashee Opeiah. J’en suis le chanteur du groupe et l’un de ses membres fondateurs.

- Le groupe était connu sous un autre nom avant non ?
Oui, enfin ce n’était pas du tout le même line-up. On évoluait sous le nom de Pockey Room, effectivement. Il y a eu beaucoup de changements de musiciens. Puis on a développé une nouvelle direction musicale, on s’est alors appelé Sidepulse Down. Il y a eu d’autres départs et de nouvelles arrivées. Finalement, comme tout avait changé, Kashee Opeiah est né en mai 2006. On était proche de la sortie de l’album Panic in Solitude et on venait de signer un contrat avec Whirlwind Records.

- Parle-nous de la nouvelle direction musicale du groupe, du style exploré par Kashee Opeiah…
Lors de la mise sur pied du concept de l’album, on a vraiment voulu développer notre style. On voulait aucune pause, aucune respiration. Chaque point devait converger vers l’autre. On a produit du metalcore mathématique. Avant on jouait plutôt du crossover et du hardcore. Maintenant, on est s’est vraiment spécialisé dans cette façon mathématique de jouer.

- Lorsqu’on écoute votre musique on a une forte impression de chaos maitrisé…
Effectivement c’est tout-à-fait ça. On recherche le chaos, mais on cherche à le canaliser et à éviter le vide.

- Peux-tu nous en dire plus sur le message véhiculé pour ton groupe ?
Tous les membres de Kashee Opeiah sont chrétiens. Par rapport à nos anciennes vies, on a couché plusieurs textes aussi en rapport avec la guérison. Personnellement, j’écris souvent des paroles autobiographiques. Souvent, nos textes ont une portée biblique, mais ils peuvent également être interprétés de diverses façons. Que tu sois chrétien ou non, ta vie comporte son lot de problèmes. Nous ne nous cachons pas de nos faiblesses, de nos doutes, de nos soucis. Par cela, nos paroles sont accessibles à tout un chacun.

- Kashee Opeiah porte forcément l’étiquette de « groupe chrétien » dans le milieu. Comment les membres du groupe et toi le vivez-vous ?
On tourne pas mal dans les lieux séculiers et on partage régulièrement la scène avec des groupes non chrétiens. On est exposés à la critique. On lit ça ou là des choses terribles sur nous, particulièrement sur des forums internet. Mais la plupart du temps ça se passe bien. En général, les gens nous voient comme des chrétiens qui font de la musique dans un groupe. Pour eux, le point central est que nous jouons nos productions, point barre. J’ai l’impression que notre foi n’est pas un problème pour eux. Par rapport à la critique par contre, je pense que ça nous vaut parfois des mauvais points. Nos paroles ne sont pas super explicites, mais les gens savent bien qui nous sommes. On lit régulièrement des trucs du genre : « super musique, paroles intéressantes, mais attention, groupe chrétien ». Je trouve ça évidemment dommage. On devrait s’en tenir avant tout à la musique puisque c’est cela que fait Kashee Opeiah. Je trouve cette ségrégation bien dommage. La scène de la subculture est très petite, et chacun devrait pouvoir respecter l’autre ainsi que ses opinions.

- Penses-tu que votre foi soit un obstacle, qu’elle vous a déjà fermé des portes ?
Oui, ça a été un frein au développement du groupe sur la scène séculière. Il est arrivé qu’on refuse de nous faire jouer, prétextant le fait qu’à tel endroit, un groupe avec des convictions religieuses ne pouvait pas monter sur scène. Les gens ont le droit de penser comme cela, c’est un fait, mais c’est frustrant. Mais bon, l’un dans l’autre, je n’ai pas l’impression que sur la durée, notre foi ait été un désavantage.

- Votre dernier album date déjà de 2006, des nouveaux projets en cours ?
Oui, tout d’abord, nous allons partir en tournée avec plusieurs dates en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas en août. Ensuite, on va travailler intensivement à l’écriture des nouveaux titres. On a déjà bossé dessus. Si tout se passe bien on devrait en avoir terminé avec la composition d’ici la fin de l’année et on espère que le nouvel album verra le jour au début 2009.

- Et à quand un passage en Europe francophone ?
On était déjà venus en Suisse Romande avec Sidepulse Down, il y a quelques années, et on avait eu beaucoup de plaisir. On recherche aussi des contacts en France, mais pour l’instant rien n’a abouti. Là tout de suite, on va se concentrer sur notre mini-tour en Grande-Bretagne et Pays-Bas. Ensuite, on aurait évidemment de l’intérêt à parcourir le reste de l’Europe. Que nos fans francophones patientent encore un peu, on va essayer de bientôt venir les trouver !

Interview : Marcounet
Photos : Sébastien Gerber


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