Flatfoot 56 - Black Thorn (2010)

publié par Aifix le 7 juin 2010

Le voici enfin, le tant attendu nouvel album de Flatfoot 56. Le groupe de punk celtique de Chicago n’est plus à présenter puisqu’il en est à son cinquième long format. Mais attention, ne vous fiez pas à ce que vous connaissez des gaillards car nous avons là leur disque le plus abouti. Une vraie petite bombe.


F56 - Black Thorn - 2010Cela faisait plusieurs mois qu’on nous promettait un opus qui allait ravir les fans... Et effectivement on n’est pas déçus. Au fur et à mesure des sorties, Flatfoot 56 a toujours su se renouveler pour pousser toujours plus loin sa technique et gagner en qualité. Mais avec Black Thorn, on passe à l’étape supérieure. En gros, tout, dans cet album, est à garder. De la pochette jusqu’à la dernière note, c’est le sans-faute.

Plusieurs éléments expliquent cela. Tout d’abord les honneurs vont à Johnny Rioux (qui est par ailleurs le producteur des Street Dogs) qui leur a offert un son du tonnerre ! Ensuite, c’est évidemment les morceaux en eux-mêmes qui frappent. En laissant un peu de côté la cornemuse, le groupe a su trouver un nouveau son avec l’emploi plus systématique de la mandoline. Cela donne plus d’émotion et plus de finesse aux titres. Les légers changements de line-up se sentent aussi. D’ailleurs, le chant n’est désormais plus assuré seulement par Toby mais également par les deux autres frères Bawinkel (puisque le groupe est à la base une affaire de famille, rappelons-le).

Du coup, on a carrément droit à une nouvelle version du morceau Smoke Blower (l’histoire des 3 p’tits cochons qui nous rappelle qu’avec Dieu la vie est bâtie sur le roc) et ce n’est pas pour nous déplaire ! On retiendra également le joli Courage, puissant hommage à la classe ouvrière et aux soldats américains de la seconde guerre mondiale, mais également la ballade folk Shiny Eyes. Le temps d’un morceau, le groupe joue les romantiques avec cette chanson d’amour (qui s’offre des choeurs féminins sur le refrain). Mais c’est rapidement le retour a un déluge de riffs et de disto avec le terrible We Grow Stronger. A mes yeux c’est le meilleur morceau de l’album. Non seulement nous avons la une musique super efficace mais également un texte contenant une belle leçon de vie : « La victoire n’est pas une question de chiffre, c’est une question de coeur (...) Et à travers notre faiblesse, on devient plus fort ». Chapeau bas.

S’en suivent quelques morceaux métaphoriques (Stampede), une histoire sur un pionnier américain durant la conquête de l’ouest (Way Of The Sun) et puis on termine sur le péchu Hot Head qui aborde un sujet bien connu des amateurs de concerts punk & oi ! : les embrouilles à deux balles. Vous l’aurez compris, ici aussi, les textes n’ont jamais été aussi travaillés.

Inutile de tergiverser, c’est à un album excellent que l’on a affaire. Cependant, il est difficile de parler "d’album de la maturité" comme on le fait souvent dans les chroniques. Car les Flatfoot 56 nous font le coup à chaque opus. La question que l’on se pose est : mais où vont-ils s’arrêter ? En attendant jetez-vous sur cet album qui est sortit chez Old Shoe Records et distribué en Europe par I Hate People.


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