Delusive Utopia - No Mercy For The Weak (2011)

publié par Tobor le 20 août 2011

Troisième album pour le combos punk-hardcore de Delusive Utopia, No Mercy For The Weak est sorti en avril dernier... Troisième ? D’un groupe dont on a encore jamais vraiment entendu parler exception faîte d’une new sur le site ? Eh oui Delusive Utopia ce n’est autre que les joyeux drills de Suspekt anciennement et plus recensement White Flags Burning. A chaque album son changement de nom de groupe, il y a de quoi se perdre mais le gain en maturité des Berlinois est là pour rappeler l’ordre de sortie de ses œuvres.


La première constatation à l’écoute de No Mercy For Fhe Weak est logique : Oigen et consorts ont évolué. Le registre est toujours le même néanmoins les morceaux sont plus riches, plus fouillés et diversifiés. On n’est plus vraiment là pour rigoler, là où Suspekt était plein d’entrain et d’une certaine fougue qui semblait marquer la jeunesse du combos, ici on a à faire à un Delusive Utopia emplis de convictions, qui emploie un ton grave sur de la musique travaillée faisant passer leur premier album pour un délire d’ados (ce qui n’enlève pourtant rien à sa qualité). Là où White Flags Burning était très linéaire et se perdait un peu dans certaines répétitions sur State of Injustice, on retrouve un Delusive Utopia riche en idées, plus technique et surtout plus mélodieux.

Concrètement ça donne douzes pistes dans lesquelles on retrouve du punk hardcore lourd comme dans leur opus précédent avec des morceaux comme Centrification, Redrum ou Ship Breaker. A côté de ça, le vrai plus de cet album c’est ce retour aux sources qui provoque des morceaux comme TV Stupidity ou Consume or Die qui sont beaucoup plus mélodieux. En effet, sur cet album, les Berlinois sont mêmes capable de mettre des morceaux dans la tête de leur auditeur, on se surprendra à fredonner Consume or Die ou encore le titre qui résume parfaitement l’album d’un point de vue musical, Statue of Slavery (à noter qu’il ’agit d’une piste entièrement instrumentale). D’un point de vue parfaitement subjectif pour votre serviteur, il s’agit même du titre coup de cœur de l’album. En effet, on en vient à regretter qu’il ne dure pas plus longtemps. Le riff principal exprime entièrement ce que la bande à Peacey a gagné dans cet album, le Groove ! Une autre piste à retenir est XX. Elle rapporte directement à la période Suspekt des Allemands avec son intro qui présente le même type de mélodie.

Autrement d’un point de vue général, on s’attaque ici à un album dont on reconnait tout de suite la provenance géographique tant le punk et le hardcore germanique ont une consonance particulière. Ils sont en réalité assez difficile à décrire. Oigen à la guitare fait du Oigen, Peacey est fidèle au poste au chant, Hannes à la basse et Toby à la batterie, on ne change pas une équipe qui gagne surtout quand tout le monde est capable de gagner en maturité et en niveau comme eux.

Chaque piste mérite qu’on s’y attarde, certaines plus que d’autres bien entendu. Dans tous les cas cet album devrait ravir tant les fidèles au groupe que ceux qui découvrent nos amis. Il s’agit clairement de leur galette la plus complète à ce jour et la préférée de votre serviteur.

Notons encore, côté paroles, l’abandon total de l’allemand qui découle certainement de la volonté d’ouverture et d’accessibilité du groupe. En outre, les paroles sont radicales à souhait, très engagées, elles traitent de sujets sociaux principalement, laissant un peu de côté les sujets spirituels pour aborder d’autres causes importantes comme la débilisation de l’humanité au travers de la télévision, la pauvreté, la maltraitance des animaux en laboratoires, l’esclavage des femmes façon XXI siècle et même une chanson traitant de l’homophobie.

Les Berlinois dénoncent surtout l’inactivité et la décadence humaine, encourageant l’auditeur à ouvrir les yeux, voir réagir. Mais au moins à ne pas rester dans toute la splendeur de la déchéance humaine telle qu’on la connait aujourd’hui à ne pas se plaindre et se morfondre mais à prendre sa vie en main. A l’image du premier couplet de l’album à prendre comme un encouragement de la part de l’auteur.

"Life is always what you make it, you’re forging your own destiny. Success and failure lies in your very own hand. I will accept no excuses, a question for help : always denied. Weakness shall always be sentenced and punished by nature."

On clôturera cette chronique avec le morceau instrumental qui ferme No Mercy For The Weak, intitulé justement Mercy For The Weak. Certainement le clin d’œil spirituel des douze titres, laissant l’auditeur tirer ses propres conclusions sur une musique planante groovy qui évoque ce qui a pu être fait chez Cleophus (dont Oigen et Toby sont membres) avec un morceau comme Snakebite. On termine donc l’album en beauté.

Delusive Utopia


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