Debtor - Bloodseeds (2011)

publié par Aifix le 3 août 2011

Debtor, vous ne connaissez pas ? C’est du hardcore torturé, tendance mélancolique, en provenance de Pennsylvanie. Nous avons eu la chance de tendre une oreille à leur nouvel album Bloodseeds, qui est sorti le 12 juillet. Voici ce qu’il en ressort.


Debtor-2011Fort de ses 13 pistes, Bloodseeds présente un enregistrement très pro, une démonstration de ce qui se fait en hardcore dans la veine de Carpathian ou encore Have Heart. Seulement, là oùDebtor se démarque de ses semblables (en dehors du message, bien sûr) c’est dans la structure des morceaux. Ici, ils sont très courts (la plupart font moins de deux minutes) et aucun n’a le temps de vraiment "bourriner" pour laisser une trace indélébile dans nos cerveaux. Les compos mettent toujours du temps a démarrer, une fois que la sauce commence à prendre c’est le moment du break. Et là, alors qu’on s’attend à ce que le rythme s’accélère, on passe au morceau suivant, et ainsi de suite. Du coup, au lieu de nous transporter, c’est une sensation de frustration que nous laisse Bloodseeds. Un peu comme si on écoutait un album d’interlude. Ou alors qu’on avait la cerise sans le gâteau. Ou plus précisément, si on avait le Nutella sans la tartine. Car pour autant, le groupe possède un énorme potentiel. Les musiciens jouent bien, les riffs sont plutôt bien pensés et comme écrit plus haut, le son est bon. Mais serait-ce la batterie qui est trop en retrait ? Difficile à dire...

Ce qui est sûr, c’est que les paroles sauvent vraiment la mise car le message, vaut vraiment le détour. Loin d’une louange classique ou d’une réflexion un peu primaire sur le monde, Debtor se livre et nous fait part de ses difficultés. On évoque le combat intérieur, mais aussi la Bible. Car la foi du groupe est très présente dans les lyrics. Pas de prosélytisme ou d’agressivité pour autant, mais on sent qu’elle imprègne complétement les instants de vie évoqués par nos artistes. Ils relèvent vraiment le niveau et "sauvent" les morceaux. Petit détail : vous trouvez l’ensemble de cette prose à l’intérieur du livret. Pour la pochette par contre, je n’en explique toujours pas le sens.

L’album se conclut sur une petite ballade Folk instrumentale qui ne pourrait parachever l’oeuvre plus mollement. Aucun doute, Debtor n’est pas un groupe pour les furieux, adeptes de sing alongs et mosh parts. A l’issue de cette écoute mon impression est assez mitigée. J’ai l’impression d’avoir écouté du Miles Away, sans l’inventivité. Mais avec ce genre de groupes, le ressenti est vraiment important. Tout est une question de sensibilité. Un groupe peut passionner des gens et en laisser complétement indifférent d’autres. Dès lors, je vous encourage quand même à écouter cet opus pour vous faire votre propre opinion. Pour ceux que ça intéresse, vous retrouverez la galette chez le label Blood & Ink.


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