Christcore (Des apôtres chez les punks)

publié par Marcounet le 7 avril 2005

Christcore est sans doute le groupe punk chrétien le plus populaire d’Allemagne et sa réputation dépasse allégrement les frontières de la République fédérale. Ils ont déjà joué dans de nombreux autres pays européens dont la Suisse.


De passage au 10e Freakstock Festival de Gotha-Boxberg, le combo de la région d’Hanovre a eu l’honneur de clôturer par un véritable feu d’artifice de décibels la partie musicale du « Jesus Festival », dimanche 1er août, aux premières heures. Quelques heures avant, Stefan, chanteur, bassiste et principal parolier du groupe avait consenti à se livrer au petit jeu de l’interview .

- Stefan, comment a débuté l’aventure Christcore ?

- En fait, les membres du groupe se sont retrouvés à une fête d’anniversaire d’un ami commun en 1997. Au cours de la soirée, nous avons joué ensemble quelques improvisations. C’est de là qu’est né Christcore. Depuis, plusieurs musiciens nous ont quitté tandis que d’autres nous ont rejoint.

- Quel est votre style de musique ?

- Euh pour être simple je la décrirais ainsi : old school-street-garage-punk (il se marre).

- Quelle est votre vision ?

- Notre vision est très simple à expliquer : nous désirons apporter l’évangile aux gens qui en ont besoin. Nous voulons simplement leur faire comprendre qu’une vie avec Christ est bien meilleure que n’importe qu’elle existence sans lui.

- Vous cherchez spécifiquement à toucher les gens issus du mouvement punk... un courant qui trouve justement ses bases dans l’anarchie... Quelles sont les réactions du public ?

- Comme nous essayons de jouer principalement sur les scènes « séculières », nous avons parfois à faire face à l’hostilité du public. Nous sommes assez régulièrement aspergés de bière par les spectateurs. Dans des cas extrêmes, nous avons été menacés de mort et poursuivis... mais Dieu nous a toujours protégés jusqu’ici. Il n’a jamais permis que l’on puisse s’en prendre physiquement à nous ou à nos fans. En général, le public apprécie notre musique mais n’aime pas nos paroles. Cet état de fait ne nous empêche pas de prêcher, bien au contraire. Ainsi, lors d’un concert donné à Hambourg, nous avons fait un appel à la fin de notre show et 30 personnes se sont avancées pour se convertir.

- Votre ministère vous amène à partager l’évangile auprès de populations habituellement hermétiques à celui-ci. C’est génial de voir qu’au travers de celui-ci, le Saint-Esprit agit et des gens donnent leurs vies à Christ. Néanmoins, y a-t-il un suivi après votre départ... ou, faute d’enracinement, ces conversions sont condamnées à être éphémères ?

- Pour être honnête, nous conservons des contacts très réguliers avec environ 5% des nouveaux convertis seulement. Néanmoins, lors des leurs conversions, nous les encourageons à rejoindre une église locale adaptée à leurs besoins. Avant nos concerts, nous prenons contact avec les structures Jesus Freaks ou autres communautés dans les endroits où nous allons jouer. Nous leur déléguons ainsi le suivi des personnes que Dieu a appelées à Lui. Nous faisons le lien entre les punks que Dieu a touchés et les églises locales susceptibles de les accueillir. Dieu agit parfois de manière imprévisible. En 98, lors d’une tournée organisée en commun avec le groupe américain Ghoti Hook, un type est venu discuter avec nous après le premier concert. Finalement nous l’avons embarquer avec nous pour le reste de la tournée... et à force de voir comment nous vivions notre foi, il s’est converti vers la fin de celle-ci.

- Tu es toi-même un pur produit de la scène punk de ta ville Celle (banlieue d’Hanovre). Comment les amis que tu fréquentais dans le milieu ont-ils accueilli ta foi et ta nouvelle vie ?

- Pendant deux ans je n’ai trouvé que des portes closes. Maintenant les gens respectent en général les choix que j’ai effectués pour ma vie, ce qui n’empêche une minorité de se fouttre encore de ma gueule. Cela n’enlève rien à mon envie de voir mes potes se tourner vers Jésus. Dans les discussions franches, l’orgueil de l’ancienne génération de punks fait encore quelque peu des dégâts... ils ont de la peine à accepter qu’un jeune comme moi vienne leur donner des conseils. Pour ma part, je constate que la prière demeure ma meilleure arme.

- En tant que punk chrétien, quelles sont tes relations avec les Boneheads (skins d’extrême-droite) ?

- Je crois que Dieu les aime et qu’ils ont vraiment besoin de Lui. Ceci dit, je n’ai pas de contacts avec eux, ils n’aiment ni la musique de Christcore ni son style. Notre public et nous même avons parfois été sous leur menace, mais Dieu nous a protégés. Néanmoins, je leur souhaite comme à quiconque de rencontrer Jésus.

- Tu portes un t-shirt du club de St-Pauli, es-tu fan de foot ?

- Oui absolument, j’ai la carte annuelle de ce club (ndlr : 3e division allemande, connu pour l’engagement politique à gauche de ses fans).

- Musique, football, politique, foi... ta vie est bien remplie, qu’est-ce qui est le plus important pour toi ?

- Que les gens puissent se rendre compte qu’il n’y a pas de meilleure vie qu’une vie avec le Christ !

Au fond de la nuit allemande, Steff et ses acolytes ont littéralement mis le feu au Marquee (scène du Freakstock estampillée punk - hardcore - métal). Dans un chapiteau comble, ils ont accompagné chaque chanson d’un prêche dynamique et sans compromis. Leur fameux tube « Ja wir haben ein Idol, Jesus Christus » n’a pas cessé de retentir sur le site, bien après la fin du concert. La scène punk et les marginaux qu’elle véhicule a bien besoin de nouveaux apôtres de cette trempe-là !


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