Dynasty - Beyond Measure (2013)

publié par Aifix le 15 février 2013

On a tous un jour ou l’autre connu l’expérience de monter un peu le volume lorsqu’on écoutait un disque qui nous prenait aux tripes. Et alors qu’on profite d’un petit festival de décibels fait maison, c’est le drame, la cassure. Ça frappe à la porte de notre chambre, appartement, maison, voir cave ou grenier. On ouvre et là on comprend vite que la fête est finie. Ce sont d’abord les parents qui nous feront une petite remontrance (« tu va t’abîmer les oreilles »), puis des colocataires ou des voisins (« j’entends les basses », un grand classique), un jour une copine ou une femme, et puis pour les plus malchanceux, des policiers. Bref, on a tous son disque de "bourrineries" qu’on aime écouter fort afin de joyeusement faire partager cette rage viscérale. Et bien pour ma part, c’est Beyond Measures, qui m’a récemment redonné l’occasion de faire cette expérience.


Dynasty-2013Après cette petite anecdote, je pense que vous saisissez l’esprit de la chronique qui va suivre. Car après le très réussi Truer Living With A Youthful Vengeance, en 2011, les Dynasty étaient attendus par pas mal de monde ! L’excitation montait d’un cran à chaque fois que le groupe postait un nouveau titre. La pochette et le track listing achevèrent de nous mettre l’eau à la bouche. Mais finalement ça y est, il est là. Et vous pouvez vous rassurez, le groupe de hardcore en provenance de Los Angeles ne nous déçoit pas avec ce second album ! C’est du très lourd, de l’agressif, et en plus c’est soigné. Ce qui est fort, c’est qu’avec Beyond Measure, nos gaillards ont réussi à poursuivre dans leur style, qui n’est déjà pas forcément original en soi, tout en trouvant quelques petites astuces pour le rendre différent de son petit frère, ainsi qu’en affinant leur son. Concrètement, cet album est pour ceux qui ont aimé le précédent opus, mais pas que, et cela pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, pour la production. Car si Truer Living With A Youthful Vengeance était peut être un poil trop mou, ce n’est pas le cas du nouveau venu. Les guitares sont suffisamment mises en avant et la batterie frappe les différentes pistes tels des coups de poings. Le résultat est très efficace et comme évoqué plus haut, on sent bien la rage qui transpire de ce disque. Il y a pas mal de moments qui pourront faire penser à d’autres groupes ricains actuels comme Expire, Bent Life ou encore Trash Talk.

Les 12 pistes, en elles-mêmes, vont également dans ce sens. La ligne directrice du premier album était déjà bien « bad ass » avec ses compos typées hip-hop, mais ici Dynasty pousse le niveau de rage un peu plus loin avec des chansons un poil plus sombres, mais aussi plus variées. Je pense par exemple à l’introduction instrumentale plutôt mélancolique et déconcertante, suivie de « Brick By Brick » qui en 54 secondes nous offre une démonstration de force de ce que nos zicos sont capables : chœurs puissants, changements de rythmes, breakdown... Le ton est donné, et on retrouve cette efficacité tout le long des 12 pistes. Il n’y a vraiment aucun temps morts. Même quand on retrouve ces quelques moments de mélancolie (sorte de rappel de l’introduction), c’est pour mieux nous préparer au déluge qui nous attend lors de la piste suivante. Moins de 25 minutes après, l’auditeur ressort avec l’envie d’aller foutre la zone dans le pit, ou d’aller prier à l’Église, selon les cas.

Car Dynasty, est un groupe chrétien, et ne s’en cache pas, bien que les membres ne se revendiquent pas comme religieux. Par la pochette, ainsi que dans les différents textes, on sent que la Foi transpire de ce disque et que Dieu semble être une grande source d’inspiration pour la formation.

Enfin, comment parlez de cet album sans parlez des featurings ? On se croirait presque dans un album de rap, tellement la liste est longue. Et pourtant, sans vouloir jouer les rabats-joie, il y aurait eu de quoi s’inquiéter. Rassemblez autant d’invités sur un même disque, est-ce que ce n’est pas le risque de donner une impression de gros bazard ? Et bien, dans l’ensemble le résultat est plutôt plaisant ! Mention spéciale pour « Hard Pressed », le morceau ou Roger Miret fait une apparition. Au début ça surprend, tant le timbre de voix du chanteur d’Agnostic Front est différent de celui de Dynasty, mais en fait le mélange des deux donne un cocktail assez efficace. On notera également des performances de Jesse Barnett, chanteur de Stick To Your Guns, Tommy Green (Sleeping Giant) ou encore Martin Stewart, qui officie à la guitare dans Terror. Tout cela c’est avant d’arriver à la dernière piste de l’album, ou on trouve en tant qu’invité... Inspectah Deck, le rappeur du Wu-Tang Clan ! Rien que ça ! Là aussi, le mélange des genres surprend au premier abord mais finalement à la deuxième écoute, on se dit que Get Live est parfait pour conclure cet opus et rendre hommage aux influences hip-hop du groupe.

Beyond Measure, qui est sorti chez Facedown Records, est définitivement l’album de ce début d’année 2013 ! Disponible en CD et Vinyl, c’est la petite bombe du moment qui fera bon effet dans votre discothèque, quelque part entre Dead End de Seventh Star, Set It Off de Madball, ou encore Illmatic de Nas.


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